GLORIA RABOTOLA
Après le premier vol de GLORIA, le 11 décembre, le temps est venu d’analyser les données fournies par l’instrument, de revoir les données de l’enregistreur de bord. Cette analyse a pour objectif d’apprendre le plus possible sur le comportement de l’instrument lors de ce premier vol pour pouvoir prendre certaines mesures afin d’améliorer le fonctionnement ou les performances lors du prochain essai en vol.
En parallèle, l’équipe russe doit se pencher sur les problèmes avec leur avion. Lors de l’atterrissage sur une piste particulièrement glissante, tous les pneus du train d’atterrissage principal de l’avion ont éclaté. Lors de l’atterrissage sur surface glissante, les roues de l’avion peuvent bloquer facilement. Certains avions modernes ont des systèmes ABS, similaires aux voitures, mais ce n’est pas le cas de M55 Geophysica. Lors que les roues se bloque, ils passent rapidement à travers la neige et la glace et frottent sur l’asphalte jusqu’à l’éclatement. Ce type d’incident n’est pas rare pour un pneu ou deux, mais perdre tous les pneus du train principale est un incident plutôt rare et dangereux. Heureusement, avec son expérience, le pilote russe à pu maintenir le contrôle de l’avion.
Après l’incident, une inspection des freins et le remplacement des quatre pneus est nécessaire. Avec le poids et la taille de l’avion, et sans l’équipement de Moscou, l’ingéniosité de l’équipe russe a été mise à l’épreuve.
Le second problème, et non le moindre : ils n’ont que 2 pneus de rechange. Pour parier à ce problème, le chef de l’équipe de MDB a fait un aller-retour à Moscou pour faire le point avec les ingénieurs là-bas et revenir avec deux pneus supplémentaires dans ses bagages. Les derniers pneus ont été changés dans la nuit d’hier à aujourd’hui et l’avion et sortie pour faire des essais sur la piste ce matin et ce soir.
Pour l’équipe de GLORIA, les essais au sol sont presque aussi exigent qu’un vrai vol puisque lors de ces tests, l’instrument doit être allumé et fonctionner de manière nominale. Sans être en fonction, les parties mobiles peuvent se déplacer librement et risque d’être endommagées.
Le test de ce matin a été un échec : La piste était trop glissante. Pour cause, la machine pour sabler la piste était elle-même brisée. Une prise deux a été effectuée en début de soirée et réussi avec succès. Le GO est lancé pour un second vol demain après demain.
Avant de revoler, nous avons analysé de manière approfondie la télémétrie de GLORIA. Première observation : Geophysica à quelque chose dans le ventre !
En 33 minutes, l’avion avait atteint sa première altitude de croisière de 17 km. La monté initiale, jusqu’à 23000 pieds d’altitude, s’est fait en 5 minutes, soit 4600 pieds par minutes.
En croisière, les conditions étaient extrêmes. La température de l’air a atteint la barre des -80°C. Dans ces conditions, notre électronique a quant à elle atteint les -40°C. En générale, les composantes électroniques sont conçue pour fonctionner jusqu’à 0°C. Sans surprise, vers la fin du vol, les composantes se sont mises à cesser de fonctionner les unes après les autres. Heureusement, dû à l’excellent design de notre équipe d’électronique, tout à fonctionné adéquatement une fois revenu à température normale. Des mesures ont donc été prises en vu du vol de demain pour maintenir la température des composantes dans des zones acceptables.
D’autres mesures ont aussi été prises pour parier à des problèmes de vibration dans notre interféromètre. Dans un instrument optique où l’alignement des composantes doit être fait au micromètre près, les vibrations d’un moteur d’avion et les turbulences en vol sont suboptimales. Malheureusement, il est difficile (et peu souhaitable) de ne pas avoir les vibrations des moteurs. Lors du premier vol, les vibrations enregistrées ont été considérablement plus élevées qu’attendues. Pour cela, certains correctifs ont été appliqués et c’est avec confiance que l’équipe lancera GLORIA pour un second vol sur Geophysica avec de jolis pneus tout neuf.
L’équipe russe, leur chef et le pilote étaient très heureux de savoir que GLORIA a bien fonctionnée. Ils espèrent autant que nous un second vol réussi et ont mis énormément d’énergie pour que ça se réalise. Après tout, pour eux tout comme pour nous, ce sont de nouvelles opportunités qui se dessine – peut être même le future de Geophysica malgré que GLORIA soit à la base conçu pour un autre avion, HALO. L’équipe de MDB voit toutefois cette expérience comme un premier pas vers de futures campagnes scientifiques. La motivation ne manque certainement de leur côté ! D’où l’annonce enjouée du pilote : « GLORIA RABOTOLA ! »… GLORIA marche !

