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February 14, 2010

Fasching und Freiburg

La vie ici me tient bien occupé. Déjà lorsque j’ai un travail sans responsabilité (comprendre, lorsque je me mesure aux études graduées) je trouve le tout de me garder (trop) bien occupé. Imaginez maintenant que j’ai de vraies responsabilités ;) Ça donne certainement plus de profondeur au travail, ce qui n’est pas désagréable.

Il n’en est pas moins qu’il faut quand même prendre le temps de vivre et découvrir le monde, et c’est d’ailleurs le bon moment de le faire! En Allemagne, c’est présentement le temps des célébrations du Fasching. Ces célébrations ont débutées, il y a plusieurs semaines déjà, et culminent présentement pour se terminer après le Mardi gras.

Le Fasching (de Fasting — jeûner en français) est une fête d’origine païenne qui précède le jeune de Pâques, le carême, et est principalement fêtée dans les régions catholiques (donc le sud) de l’Allemagne. Dans les régions à prédominance protestante, le Carnaval s’est graduellement synchronisé avec le Faschning.

Le rôle couramment accepté aujourd’hui de cette fête païenne était de faire peur à l’hiver pour qu’il parte au plus vite. En faisant du bruit et en revêtant des costumes effrayants ou colorés, on tentait de chasser l’hiver. Avec l’introduction de carême par l’église catholique, le Fasching est aussi devenu une dernière occasion de festoyer, donner des bonbons aux enfants, boire comme de trous et forniquer. Rien n’a bien changé depuis le moyen-âge (surtout pour l’alcool).

Pour vivre cette fête de plus près, je me suis retourné vers un des bastions catholiques de l’Allemagne, Freiburg. Située à la limite sud-ouest de la Forêt-Noire, cette petite ville nous ramène au moyen âge avec ses rues étroites, ses pavés et son architecture typique.

Avec les festivités, la ville était remplie de gens colorés (littéralement et au figuré). Sorcières, épouvantails, lapins roses, fleurs, pieuvres, etc. La vue n’était pas le seul sens excité par ces évènements. Avec des dizaines d’orchestres de tout genre qui sillonne les rues toute la journée et des stands de saucisses sur feu de briques, l’ouï et l’odorat en ont eu pour leur argent aussi!

Quant au reste, je crois que seules quelques photos peuvent témoigner. Vous pouvez les voir ici:

http://gallery.geogob.net/v/voyages/de2010/fasching/

Ahoy! Ho Narro! S'goht degege!

February 02, 2010

Karlsruhe, un modèle de transport en commun

Voilà maintenant un mois que me suis installé dans ma nouvelle vie ici. Avec tous les ajustements que ça l’implique, on pourrait croire que cette transition soit assez difficile. À première vue, c’est tout le contraire!

La conception urbaine de la ville aide certainement à faciliter cette transition, mais le transport en commun de Karlsruhe joue certainement un rôle important dans la facilité de cette transition. Ce système de transport est d’une simplicité et efficacité remarquable et est maintenant devenu un modèle partout en Europe pour les villes de taille similaire (soit environ 300 mille habitants en zone urbaine).

Le système de transport est organisé en plusieurs niveaux selon la densité et la fréquence des trajets. Au coeur de ce réseau, on retrouve un réseau ferroviaire avec des voitures adaptées à chaque trajet. Selon l’heure de la journée, des voitures plus grosses ou doubles sont employées.

Le « backbone » du réseau est certainement ce qu’on appelle ici les S-Bahn (Bahn = train). Le concept de S-Bahn varie beaucoup de ville en ville, mais c’est le modèle de Karlsruhe qui inspire tant de villes européennes. En ville, les S-Bahn opèrent comme des tramways en embarquant les passagers directement du niveau de la rue. Elles partagent alors la rue avec les piétons et les voitures comme le feraient normalement des trams. Ce n’est que hors de la zone urbaine, en banlieue, que les S-Bahn embarquent sur des rails dédiés pour ainsi rouler plus rapidement entre les stations qui sont alors munies de petits quais. Ce mode de fonctionnement est beaucoup plus commun pour les S-Bahn en Allemagne. Mais ces trains ne s’arrêtent pas là! Certaines lignes, rendues au bout des voies qui leur sont dédiées, embarquent sur le réseau ferroviaire interurbain allemand et peuvent ainsi desservir les villages plus éloignés où peu de trains iraient autrement et vont même jusque dans les villes voisines. Puisque les quais des gares sont relativement haut, les voitures de S-Bahn doivent être assez hautes pour les accommoder.

En plus des lignes de S-Bahn, dans les zones urbaines où des fréquences plus élevées sont nécessaires ou sur les lignes qui ne sortent pas de la partie urbaine, on retrouve aussi des trams. Les trams opèrent des voitures plus petite et légère et, surtout, plus basse. Puisqu’elles ne vont jamais là où il y a des quais, elles peuvent rester basses ce qui les rend plus pratique pour le transport adapté.

Ce système ferroviaire fonctionne déjà admirablement bien, mais il s’y ajoute tout de même un réseau d’autobus. Ce réseau relie les zones situées entre les lignes de S-Bahn. Aussi, au réseau de transport en commun de la ville s’ajoute le réseau régional de la Deutsche Bahn (la compagnie de train allemande). La DB opère plusieurs niveaux de train aussi, allant du train à grande vitesse, le ICE, au train de service qui arrête à toutes les gares qu’on peut imaginer (environ tous les 10 pieds :s).

Pour le transport en commun, les Regional Bahn et les Regio Express relient le réseau de Karlsruhe à celui des villes voisines en couvrant plusieurs des villages plus importants sur le chemin. L’Inter Regio express couvre les mêmes parcours, mais avec des arrêts moins fréquents. Ces trains régionaux couvent souvent les mêmes parcours que les S-Bahn lorsqu’elles sont sur le réseau ferroviaire, mais ce sont des trains beaucoup plus gros. Souvent, ils ont des voitures à deux étages et des locomotives puissantes leur permettant d’aller beaucoup plus rapidement entre les gares. Ces trains sont un peu l’équivalent de ce que nous connaîtrions comme trains de banlieue.

Typiquement, les trains régionaux ont des départs aux heures alors que les S-Bahn ont des départs aux 20 minutes hors heure de points et aux 10 minutes en heure de pointe. Sur la rue piétonnière principale de Karlsuhe où beaucoup de parcours se rejoignent, il passe environ un tram ou un S-Bahn par minute. Ce n’est toutefois aucunement dérangeant. Étant électrique, la pollution est minime et le bruit est aussi plus faible que celui d’autobus avec des moteurs à combustion.

Mais vous connaissez le proverbe... une image vaut mille maux ;)
Je me suis permis de vous prendre quelques photos en exemple pour éclaircir le tout. Du même coup, je vous offre quelques photos d’une Allemagne blanche comme elle ne l’a pas été depuis des décennies.

D'abord, voici une station typique de S-Bahn en banlieue. Il s’agit de ma station d’où je prends ce train tous les jours, à peine à 2 minutes de chez moi. On remarque les voies dédiées.

En ville, on retrouve des quais beaucoup plus petits (lorsqu’il y en a, ce qui n’est pas toujours le cas). Ici, on voit le Tram 1 arrêté à un arrêt de la rue principale de la ville, une rue piétonnière. Les miniquais permettent un embarquement sans marche dans les trams, ce qui est utile pour poussette, chaises roulantes, etc.

On aperçoit aussi sur cette dernière photo un affichage indiçant les quelques prochains véhicules qui vont arrêter avec le moment prévu de leur passage. Dans la zone de la rue principale, il peut y avoir jusqu’à 9 lignes de S-Bahn et de Tram différentes qui passent à un arrêt. Ces indications sont donc très utiles.

Sur cette autre photo prise quelques jours plus tôt (avant toute cette neige de la fin de semaine), on voit un paysage beaucoup plus typique pour l’hiver dans le sud-ouest de l’Allemagne. On voit aussi le Tram 3 qui croise le S-Bahn S2 sur la rue principale (la rue piétonnière).

Et voici maintenant la S31 arrêtée au quai dans la gare principale de Karlsruhe. On voit bien pourquoi les S-Bahn qui vont sur le réseau ferroviaire national doivent être plus hautes. Aussi, une fois sur le réseau national, les quais peuvent être autant à droite qu’à gauche. Alors, les voitures doivent avoir des portes des deux côtés. Sur le réseau urbain, l’embarquement se fait toujours du côté droit.

Voici une photo maintenant du Regio Express RE19113 partant de Karlsruhe et allant jusqu’à Stuttgart. Il s’agit d’un véritable train et non pas un simple tramway rallongé. Petite note de culture générale germanophone, sur cette photo on aperçoit le symbole Hbf. Ceci signifie « Hauptbahnhof », c’est-à-dire la gare principale.


Finalement, je vous offre encore quelques photos montrant la blancheur hivernale de l’Allemagne et une photo qui risque de surprendre bien du monde (mais en faire rire au moins deux).