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January 05, 2010

Aventure allemande jours 0,1,2 et 3...

On dit que, lorsqu’on voyage, rien n’est jamais ordinaire. Suite à ces quelques premiers jours, je peux encore une fois le re-re-re confirmer.

Je profite donc de mon accès internet au bureau pour vous en faire part...

Jour 0

Ce périple a pourtant très bien commencé! Après avoir partagé un gros Tim avec Charles et Hélène, je me suis dirigé dans la zone sécurisée de notre nouvel aéroport. La première chose que l’on voit après la sécurité, c’est bien sûr le lounge exécutif d’Air Canada et de ses partenaires de l’Alliance Star. Comme toujours, on se fait la remarque « si seulement... » Ce n’est qu’un gros 30 secondes plus tard que les fils se sont touchés pour me rappeler que je volais en classe affaires. Oh bonjour monde d’opportunités. Embarquement prioritaire, lounge semi-privé, espresso gratuit (fallait bien ça pour faire passer le goût de sirop à saveur de café du Tim).

Être le tout premier à embarquer dans l’avion a son charme, mais, visiblement, je n’ai pas le profil d’un voyageur de classe affaires. À l’appel de l’embarquement, je me suis fait lancer avec un regard de glace : « Embarquement prioritaire seulement monsi... oh pardon allez-y ». C’est ainsi que j’ai pu embarquer en tout premier dans le CRJ 705 avec un très sympathique équipage de Toronto. L’un, d’origine Pakistanaise, bien que vraiment très sympathique, parlait aussi bien l’anglais que le français... les deux avec la diction d’une vache espagnole. L’autre, une charmante grande blonde (pour ceux que le style ontarien charme) que je qualifierais de « mal baisée ». Avec des propos dans la lignée de « do they really have to pretend they don’t understand english », elle le mérite bien son titre. Le fait qu’elle se marie dans 21 jours et qu’elle a eu son congé pour leur voyage de noces, mais pas son chum et que bla bla bla ne me semble pas une excuse valable pour être bête avec les clients et encore moins pour leur raconter sa vie en chiniant.

Arrivée à Toronto, je ne suis guère surpris de constater que le taxi prend un gros 30 minutes, par contre de devoir attendre 20 minutes à la porte avant de déplaner parce qu’un avion en provenance des États-Unis arrive à la porte voisine me semble d’une idiotie digne du GTAA (l’administration aéroportuaire de Toronto). Un jogging plus tard, j’arrive à l’embarquement de mon vol pour Frankfurt... juste à temps pour voir la porte se fermer derrière moi. Décidément, c’est une habitude! Il était grand temps que j’arrive à voir la tête des 6 personnes qui m’attendaient au comptoir en tapant du pied.

Toujours digne de Toronto, on devra compter exactement 1 heure 5 minutes entre le push-back et la rotation. Par contre, je dois avouer que j’ai été impressionné par l’efficacité des opérations de dégivrage lors de mon premier passage à vie au pad de dégivrage. Au nombre de fois que j’ai pris l’avion, c’est quand même épatant que ce soit la première fois.

Enfin, c’est parti!

Jour 1

Arrivée à Frankfurt. C’est avec bonheur, joie et allégresse que je constate qu’ils ont refait la surface de la piste. On n’a plus l’impression de prendre la sortie de Charest Ouest depuis Du Vallon, ce qui est plutôt rassurant. Le reste se fait rondement, incluant le passage à la douane où le douanier a scruté mon passeport juste assez pour justifier son salaire. Je vais vous citer l’intégrale du dialogue qui suivit cette rencontre :

Moi : — « Guten morgen » Douanier : *head nod* Douanier : « Gut » Moi : « Danke»
Bref, ce fut bref.

Bien entendu, à cause des retards dignes du GTAA, on est en mesure de s’attendre à ce que mes bagages n’aient pas suivi. Comme de fait, pas de bagages à Frankfurt! Après quelques péripéties administratives (encore heureux de ne pas être en Italie), je retrouve mon transport et me rends à mon nouvel appartement. Observation : le propriétaire est aussi ponctuel en personne que pour répondre à ses courriels. Bon côté de la chose, j’ai pu admirer le 0.5 cm de neige au sol, le beau soleil et les oiseaux qui chantent. Pendant 30 minutes. Ça valait bien la peine de payer plus de 2$ par minute pour l’appeler et fixer une heure de rendez-vous!

Le coin est très bien. Petit « centre-ville » de banlieue. À distance de marche (moins de 2 minutes), j’ai deux épiceries, une pharmacie, une boulangerie et la gare. Que demander de mieux! Après avoir compris ce que les dix-milles-deux-cent-cinquantes-huit clefs de l’appartement font dans la vie, je me suis lancé dans ma première épicerie. Destination : la plus grosse des deux. Bien qu’un peu sous le choc de voir la sélection de produits, mes racines allemandes ont fait surface très rapidement... premier produit dans le panier : un sac de patates. Second produit : du café. D’ailleurs, l’odeur du café s’est déjà totalement emparée de mon appartement, chose qui ne surprendra personne.

Je n’ai peut-être pas de valises, mais j’ai au moins des patates et du café. Je vais survivre. La seule chose que je n’ai pas achetée c’est de l’alcool. La locatrice précédente en avait laissé dans le frigo : Vin blanc, Gin, Rosé, Brut. En rétrospective, j’aurais peut-être dû en acheter puisque tous les prix sont indiqués en DM (Deutsch Mark) sur les bouteilles... Quelque chose me dit que ces bouteilles ont autant d’histoire que l’immeuble.

Demain, jour 2, j’attends après mes valises. Difficile d’aller visiter la famille à 1h de S-Bahn alors que les valises peuvent arriver à tout moment. Les plaisirs de voyager (et pourtant, ça ne m’arrive jamais normalement. Il faut croire que se donner 1h à Toronto, c’était pas très fin fin de ma part).


Jour 2

Premier réveil en terre allemande. Tâche no. 1 de la journée : faire du café. Tâche no. 2 de la journée : ajouter « cafétièrequiàdelallure » sur ma liste d’épicerie.

Le plan de la journée de d’abord de retrouver mes valises. Après quelques coups de fil auprès des services des bagages de Lufthansa, je comprends que mes valises ont non seulement manqué le vol LH471 de Toronto à Frankfurt, mais qu’elles n’ont pas eu la bonne idée de prendre aucun des 3 autres vols Toronto-Frankurt de la journée par après. Eh non, elles ont préféré attendre le même vol le lendemain. Charmant. Enfin, je finis par savoir que les valises vont être livrées entre 19h et 21h.

Sur cette grande nouvelle, je me dirige vers Pforzheim en S-Bahn pour visiter la famille. Une heure trente de trajet de train de banlieue... tous les trains ponctuels à 10 secondes près (fait intéressant, je commence vraiment à baigner dans la langue allemande... ici j’avais d’abord écrit « ponktuel »). Près de la forêt noire, la région de Pforzheim est beaucoup plus vallonnée et enneigée. J’ai l’impression d’être passé de novembre à décembre...

De retour à Neureut, on sonne finalement à ma porte! Les valises sont arrivées. Joie bonheur allégresse... de courte durée. Il n’y en a qu’une. Ce n’est pas tant que j’ai un besoin urgent de leur contenu, mais plutôt que le même cirque va recommencer demain, mon premier jour de travail.

Du même coup, j’ai appris que ma sonnette en bas, dehors, ne fonctionne pas. Peut-être que deux autres livreurs de valise sont ou vont passer dans la soirée et que je les aie manqués... qui sait. L’idée me semble pourtant un peu folle... 3 livreurs pour 3 valises à une même adresse, ce n’est pas très allemand.

J’ai espoir que les valises toujours manquantes arrivent demain. Cette fois, je vais m’organiser pour avoir un numéro de cellulaire pour que le livreur puisse me rejoindre lorsqu’il arrive à la porte. J’ai bon espoir que les fournisseurs de cellulaire soient plus rapides ici qu’en Italie et que mon numéro sera actif en quelques heures — voir minutes — au lieu de quelques jours — voir semaines.

Jour 3

Premier jour de travail. La journée débute avec une microépicierie. Avec un frigo de la taille d’une boîte à lunch et une épicerie tellement proche que je peux presque étirer le bras de mon balcon pour m’y rendre, c’est tentant de faire 10 fois l’épicerie par jours.

Au travail, je découvre le « Kampus Nord » du « Forchungcentrum » (centre de recherche). Un site immense datant de l’âge d’or de la recherche nucléaire en Allemagne. C’est un peu le « Chalk River » de l’Allemagne, à la différence que là, les réacteurs vieux de 60 ans ont été décommissionnés et démantelés depuis déjà bien des années. Parmi les vestiges qui reste encore de cette époque, on trouve l’entrepôt de déchets nucléaires et, juste en face de mon édifice, le centre de traitement du béryllium (aka Gozilla 'Test Facility'- sérieux).

Le bâtiment où je travaille semble aussi vieux que la Pavillon Casault tout en ayant l’air aussi neuf que le pavillon d’optique (ou presque). Malgré les vestiges nucléaires de l’endroit, ce n’est pas hot pour autant... on gèle dans les locaux. Et, en m’arrivant, je me demandais c’était quoi la mode des cols roulés et des foulards! Voilà. La réduction du CO2, ils prennent ça au sérieux les Allemands!

L’équipe, en presque totalité allemande, devrait faire en sorte que mon allemand revienne très vite. Déjà, un premier rapport technique à lire (en Allemand). Introduction, page 1, paragraphe 3 : j’ai mal à la tête déjà. Si on écrivait de la même manière en Français, ça aurait l’air de :

L’étude de la Réponseinstrumentale des Sepectromètrespartransformationdefourierimageur peut être établie à l’aide de Montagesdemesuresdecharactérisation dans le Laboratoiredanalyseetdemesures en étudiant des Raiesdapsorptiondetracesdegazatmosphériques connues.

Mon objectif pour la soirée : Finir le paragraphe 4 sans que le rapport ne se retrouve sur le trottoir en bas de ma fenêtre.

C’est d’ailleurs sur ce trottoir que l’on ne retrouve pas mon cellulaire puisque j’ai réussi à l’activer en moins de 45 minutes (pour environ 2 minutes de travail réel et 43 minutes d’attente). Allemagne 1 : Italie 0. Toutefois, je voulais un vin rouge pour mes pâtes et le rouge de la région que j’ai pris est vraiment plus un rosé qu’un rouge. Italie 1 : Allemagne 1. Il est par contre très bon ce vin... certainement dangereux à avoir sous la main par une chaude journée d’été.