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Québec, urbanisme et densification.

Depuis la fin du 400e de la ville de Québec, on ne sait plus trop de quoi parler. On ne sait plus trop comment pousser le développement de la ville. On pousse un peu dans toutes les directions. Ainsi, les questions d’urbanisme font surface relativement fréquemment depuis quelque temps.

Au centre des récentes discussions ces jours-ci : les espaces de stationnement à ciel ouvert sur la colline Parlementaire, au coeur de la vieille ville de Québec.

On peut débattre longtemps sur des questions de la sorte de « est-il souhaitable d’avoir des stationnements à ciel ouvert au centre-ville » ou tout simplement, « est-il souhaitable d’avoir autant de stationnements au centre-ville ». Une autre question qui peut être débattue est celle à savoir si on devrait avoir un centre-ville avec beaucoup d’espaces « vierges » ou si on devrait pousser au maximum pour densifier le centre-ville.

Moi-même, sans être convaincu que c’est une bonne idée de densifier la colline Parlementaire en construisant verticalement sur les espaces vides ou de stationnement, je ne suis pas tout à fait contre l’idée non plus, du moins pas a priori. Quelques arguments contre que je peux imaginer assez rapidement sont les problèmes de circulation, la perte de luminosité dans le quartier St-Jean-Baptiste et le côté esthétique de la colline Parlementaire. Le point que je souhaite apporter aujourd’hui n’est pas celui du « si », mais plutôt celui du « comment ».

En entrevue à Radio-Canada ce matin, un porte-parole de l’administration Labaume explique que la ville cherche à construire en hauteur sur les terrains vacants de la haute ville et de la colline parlementaire. Dans les plans actuels (qui sont, précise-t’il, aucunement coulé dans le béton pour l’instant), plusieurs édifices seraient des édifices commerciaux... des tours à bureau quoi!

En densifiant le centre-ville et en y ajoutant encore des tours à bureau pouvant recevoir des milliers d’employés, la problématique de la circulation risque bien de faire surface assez vite. La solution selon les portes-paroles de la ville passe par le transport en commun. Comme nous connaissons tous l’état du transport en commun à Québec, laissez-moi le plaisir d’être inquiet face à cette « solution ».

Personnellement, je crois qu’il existe des solutions relativement simples pour densifier le secteur tout en minimisant les problèmes de circulation additionnels ou même en les réduisant. La solution, on ne la trouve pas en France ou à Chicago ou aux îles moukmouk, mais plutôt à Vancouver.

Au centre-ville de Vancouver, dans le plan d’urbanisme, un équilibre évident a été recherché entre les complexes hôteliers, les édifices commerciaux, les espaces récréatifs et les édifices résidentiels. Cet équilibre permet d’avoir un centre-ville vivant et attrayant autant pour les touristes que pour les résidents. Aussi, la proximité ainsi crée permet de réduire les besoins en matière de déplacement automobile. Si les milliers de fonctionnaires de la colline parlementaire peuvent habiter à 2 minutes de marche de leur travail au lieu d’habiter à 45 minutes d’automobile (ou 1 heure 30 minutes d’autobus), on réduit immédiatement les problèmes de circulations sur les artères de la ville.

Le centre-ville de Québec a déjà son lot d’édifices commerciaux et d’hôtel. Par contre, il n’y a pratiquement aucun logement sur la colline Parlementaire. Alors, si l’administration Labaume souhaite vraiment densifier le centre-ville (encore une fois, le débat sur cette question reste entièrement ouvert), je crois que ceci devrait se faire quasi exclusivement par la construction d’immeubles résidentiels.

Et pour le problème de l’esthétisme et de la luminosité? Je crois que la solution se trouve encore une fois à Vancouver (cette ville est vraiment épatante). Un choix réfléchi des projets architecturaux choisis permettra un équilibre entre les espaces ouverts et les constructions en hauteur. Malgré sa très forte densité, le centre-ville de Vancouver et non seulement très beau, mais très lumineux et agréable. On ne se sent pas pris au piège par les immeubles souvent plus hauts que le complexe G. Le choix de l’architecture des bâtiments, les matériaux utilisés (souvent la brique et le verre) et la disposition des édifices joue un rôle important dans cet effet.

Je suis d’avis que la même chose est possible au centre-ville de Québec. Pour trouver cet équilibre, il faut toutefois une équipe dédiée aux projets d’urbanismes concertés et qui est prête à faire ce qu’il faut pour que les plans d’urbanisme tiennent la route. Il ne faut surtout pas laisser les promoteurs faire ce qu’ils entendent et garder un droit de regard sur l’ensemble des projets de densification.

Pour finir, j’invite M. Labaume à prendre quelques jours pour visiter Vancouver et vivre le pouls du centre-ville de cette ville magnifique. Peut-être y trouvera-t-il une inspiration positive pour notre propre centre-ville.

Ceux qui voudraient lire sur le sujet, voici un article sur le site de Radio Canada :
http://www.radio-canada.ca/regions/Quebec/2009/05/13/009-ppu_colline_parlementaire_n.shtml

On note qu’un forum sur cette question aura lieu le samedi 23 mai à 9h. Des mémoires pourront être déposées d’ici le 15 juin (chose que je devrais peut-être faire...).

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