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Des conventions non applicables...

Mais voilà bien longtemps que je n’ai pas blogué! Avec le croisement d’un désir de vouloir m’exprimer et de quelque chose à dire, voici donc une nouvelle entrée de blogue...

Ce matin, un article du Globe and Mail m’a fait titiller l’oeil droit pendant que je sirotais mon café. L’article s’intitulait « Art of playing nice» et porte sur la relation entre les jeunes et les jeux vidéo violents.

En bref, c’est l’histoire d’un ado de 13 ans dont les parents ont décidé de le laisser jouer à des jeux vidéo violents pourvu qu’il respecte la Convetion de Genève. Sachant assurément qu’ils auraient de la misère à l’empêcher de jouer, Ils ont préféré se servir de la situation de façon moralisatrice.

C’est ainsi que Even Spencer a eu le droit de jouer à Call of Duty, un first person shooter. Les règles sont simple... pas le droit te tirer sur de blessés, des civils, des gens qui se rendent, etc. La Convention de Genève quoi!

Jusqu’à un certain point, je trouve que c’est une excellente idée d’utiliser le context d’un jeu vidéo pour faire l’éducation sur le civisme, la morale et l’éthique. Dans le contexte du jeu vidéo, le jeune se retrouve face à des situations et des prises de décisions qu’il n’aura, on l’espère, jamais à vivre dans la vraie vie.

En pratique, tout n’est pas aussi simple. Les jeux vidéo -- et surtout les jeux abrutissants comme Call of Duty -- sont spécialement conçus pour que le joueur ne se retrouve justement pas dans ces situations décisionnelles où la morale et l’éthique entrent en jeu. La clef du succès dans un jeu violent grand publique est similaire à celle des loteries vidéo : le détachement total des valeurs et morales personnelles. L’abrutissement total.

Dans le contexte où on ne peut éviter le jeu, je crois que l’approche est intéressante. Toutefois, il ne faut pas se faire d’illusions non plus. Le jeu en question, Call of Duty, est coté M (Mature), 17+. Selon moi, de laisser un jeune de 13 ans jouer à un tel jeu en lui disant « Respecte la Convention de Genève », c’est un peu comme dire au même jeune « tu peux regarder des films de porno 18+, mais ne dis pas de commentaire sexiste en le regardant ».

Personnellement, je n’ai commencé à jouer à des jeux de ce niveau de violence qu’en 1998, après mes 18 ans. Plus jeune, je n’y avais pas droit et avant je n’y voyais pas l’intérêt non plus. Le grand problème de ces jeux n’est pas tant la violence que le réalisme poussé. Il est important de noter que dans ces cas, la violence ne tient pas tant au type de jeu qu’à leur réalisme. Pour un jeune qui devient accro au jeu, tel le vieux grincheux à une loterie vidéo, il n’arrive plus à faire le pour et le contre entre la réalité réelle et la réalité virtuelle. Il y a des jeux très violent auquels je n’aurais aucun problème à laisser jouer des jeunes. D’autres jeux, souvent même apparemment moins violents, que jamais je ne laisserais à un jeune.

Dans la vraie vie, les militaires qui se retrouvent dans les mêmes situations qu’on retrouve dans ces jeux vidéos restent parfois traumatisé à vie. Et pourtant, avant de se retrouver dans ces situations, ces miliaires ont eu un entraînement physique et psychologique intense. Leur compas moral est fine-tuné pour ces situations. Le jeune de 13 ans qui se retrouve devant ces situations n’a forcément pas le même niveau de développement moral. Quoi qu’on essaie de faire, le compas moral du jeune sera forcément débalancé.

Au moins, ici, on a affaire à des parents qui s’intéressent au problème et qui cherchent des solutions concrètes et positive autant pour les intérêts de leur ado que son développement. Que les parents s’intéressent à la question et ne ferment pas les yeux aveuglément face à ce problème, c’est grand pas dans la bonne direction.