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Au Canada, réside depuis toujours un quasi-monopole dans le marché des télécommunications. Cette situation est visible dans tous les segments du marché : fournisseurs internet, cellulaire, téléphonie, télévision et j’en passe.
Cette situation monopolistique n’a pas été aidée par la ségrégation géographique des fournisseurs.Traditionnellement, Telus (BC Telecom) était surtout actif dans l’Ouest canadien pour le marché de la téléphonie et Bell dans l’Est. Rogers s’est installé sur le marché du cellulaire principalement en Ontario et au Québec, mais sur une technologie différente de Bell et Telus. En prenant en compte les technologies différentes utilisées, Bell et Telus ainsi que Rogers sont en situation de quasi-monopole pour ce qui est de l’offre de connectivité par cellulaire.
Heureusement, depuis quelques années, les limitations régionales sont tombées et les réseaux de chacun des grands fournisseurs sont devenus pancanadiens, introduisant ainsi une apparence de compétition.
La situation de monopole n’en est pas une qui est unique dans le monde. Les infrastructures de ces réseaux étant d’une telle envergure et complexité, plusieurs régions du monde sont souvent couvertes par un seul fournisseur ou par un fournisseur d’importance avec quelques fournisseurs secondaires peu connus ou louant les installations du fournisseur principal.
Or, en général, dans ces pays les gouvernements prennent leurs responsabilités et protègent les citoyens contre les abus. Ainsi, en Europe, toute communication entrante est généralement gratuite ou aux frais de l’appelant.
Au Canada, c’est aussi le cas pour ces qui est des messages texte (SMS) par cellulaire. Bien que les plans comptent souvent un nombre restreint de messages texte, ce nombre n’est que pour les messages sortants (envoyés par le titulaire du compte de cellulaire). L’usager n’a pas à payer pour des messages entrants et ces messages ne comptent pas dans la limite prévue par le contrat. Eh oui, à ce jour vous n’avez pas eu à payer pour les SMS que vous avez reçus.
Ceci est tout sur le point de changer. À partir du 8 août 2008, Bell chargera 0.15 $ du message reçu et Telus chargera le même prix à partir du 24 août 2008. Donc, à partir de ce mois-ci, plus de la moitié des Canadiens commenceront à payer pour recevoir des messages SMS sur leur cellulaire.
Plusieurs problèmes sont liés à ce changement. D’abord, pour les usagers ayant un contrat, il s’agit d’une rupture de contrat unilatérale de la part du fournisseur. Bien que le fournisseur «se réserve le droit de changer les tarifs», la légalité d’une action unilatérale en ce sens dans le cadre d’un contrat accepté par les deux parties est remise en question.
Mais plus fondamentalement, les usagers de réseau cellulaire n’ont aucun contrôle sur les SMS entrants. De plus, beaucoup usagers n’ont aucun moyen de bloquer ou refuser ce service pour lequel ils devront désormais payer. Considérant que le nombre de spam reçus est de plus en plus important, les usagers devraient s’inquiéter de ce changement.
Heureusement [sarcasme], les fournisseurs se sont mis d’accord pour rembourser les spams. Encore faudrait-il connaitre le mécanisme de réclamation et remboursement. Et qui fera l’effort pour se faire rembourser quelques cents? Seulement quelques cents...
Pourtant, quelques cents, ça s’accumule vite!
Imaginer la situation suivante. Votre Ex jaloux(se) vous en veut d’avoir une vie. Sa réaction naturelle : vous envoyez 10 SMS par jour pour 1 mois (au moins). 30 jours, 10 SMS par jours 300 SMS. Ce verbeux excès d’affection textuelle vous aura coûté 45 $. Et encore, vous n’avez pas reçu de SMS de personne d’autre ni répondu à aucun de ces messages aussi débiles les uns que les autres.
Alors, si vous êtes client avec Telus ou Bell, soyez prudent. Vous serez bientôt chargé au SMS entrant. Heurement, des voix commencent à s’élever. Un recours collectif est déjà en marche. D’un côté les fournisseurs forçant une rupture de contrat unilatérale. De l’autre, les clients pris au piège avec les nouveaux frais exorbitants et les frais d’annulation de contrat.
Je suis personnellement client avec Telus. Pour combien de temps encore? Dieu seul le sait (et le Diable s’en doute)! Alors, de grâce, pas de SMS.