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August 31, 2008

...comme si des milliers d’arbres criaient puis s’éteignaient l’instant d’après.

Cette semaine, j’ai senti un grand bouleversement de la force... la force de la nature. Le côté obscur de la force du marketing a triomphé. L’humanité est sur le bord de retomber dans une sombre période sous l’emprise de l’empire capitaliste et de son vassal, Darth Péladeau.

Cette semaine, j’ai reçu les « Médias Pages » du groupe Vidéotron et Quebecor Media. Des milliers d’arbres criaient puis s’éteignaient l’instant d’après. Ces arbres ont été détruits par l’empire, empire dont les dirigeants ont la tête dans la lune.

Depuis aussi longtemps que j’existe (ou que je me rappelle exister — quand j’étais jeune), on avait à la maison les Pages Jaunes et les Pages Blanches de Bell (qui était notre unique fournisseur de services téléphoniques à l’époque dans l’est du pays). Ce magnifique compendium avait une capacité que ma mémoire n’a définitivement pas : contenir tous les numéros de téléphone de tout le monde à Québec. Fort utile et apprécié, cet ouvrage a tranquillement perdu son charme avec l’arrivée d’Internet dans nos maisons. En effet, pourquoi passer de longues minutes à tourner les pages de papier de riz d’un gros livre encombrant lorsqu’on peut faire une simple recherche sur l’Interweb?

Pour les chanceux vivants aux É.-U., Google offre même l’annuaire le plus complet...
http://www.google.ca/search?hl=en&hs=Box&pb=r&q=phonebook%3A+Kretschmer%2C+New+York&btnG=Search+PhoneBook

Au Canada, l’annuaire complet de Bell se trouve aussi sur Internet...
http://www.canada411.ca/search/si/1/R.+Labaume/Qu%C3%A9bec

On pourrait croire que les annuaires de papier iraient tranquillement disparaître, surtout dans un contexte de « oh là là! sauvons nos forêts! » Mais c’est à la consternation, aux grands désarrois et à l’extrême découragement de tous qu’il y a quelque temps Telus est arrivé avec ses « Super Pages ». Telus, dans un de ses si fréquents éclairs de clairvoyance, s’est dit que ce n’était pas bien de laisser le monopole du coupage d’arbre à Bell... surtout dans le contexte où ces pages sont de moins en moins utiles.

Personne ne voulait le croire, mais les « Super Pages » sont bien vraies.

Alors qu’on croyait vivre une période de paix relativement stable avec nos forêts, l’incroyable est arrivé... un 3e recueil de pages est apparu sous nos téléphones! Et tout ceci, grâce à Vidéotron qui, tel le ti criss d’énervant dans le coin, m’écria « moési! moési! ».

Fort heureusement, les « Media Pages » sont clairement conscientes de leur ridicule inutilité. La première information qu’on y trouve, c’est le lien web vers ces pages, le www.canoe411.ca. Est-ce qu’un des éditeurs se serait réveillé un matin en se rappelant que la majorité des clients téléphoniques de Vidéotron ont aussi Internet? Ce même éditeur aurait peut-être dû pousser son raisonnement un cran plus loin et faire plus que de juste mettre l’adresse sur son édition...

Au moins, quelqu’un de brillant s’est mis à réfléchir chez Québécor Média. Après avoir mis leurs personnes les plus intelligentes sur le dossier, ils sont arrivés avec un « Nouveau Concept! » C’est-à-dire un concept d’annuaire local et régional...

...

...

Les Pages de de Bell et les Super Pages de Telus ne doivent donc pas être régionale et locale si le concept des Média Pages et nouveau.

La différence est pourtant claire. Les Média Pages que nous avons reçus ici couvrent les secteurs suivants :

  • Wendake
  • Shannon
  • Lac-Saint-Charles
  • Lac-Saint-Joseph
  • Stoneham et Tewkesbury
  • Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier
  • Saint-Augustin-de-Desmaures
  • Ville de L’Ancienne-Lorette
  • Ville de Québec:
    • Arrondissement Laurentien
    • Arrondissement de la Haute-Saint-Charles
    • Arrondissement des Rivières
    • Arrondissement de Sainte-Foy-Sillery
    • Arrondissement de La Cité

C’est à peine si je peux contenir ma joie et extase d’avoir un annuaire qui couvre Wendake, Shannon et Lac-Saint-Charles, mais pas Limoilou, Charlesbourg et Beauport. Qui ne couvre pas la Rive-Sud. Depuis le temps que j’avais besoin d’un tel annuaire. Chaque Média Pages, c’est un paquet de bonheur et d’allégresse à notre porte.

En terminant, j’aimerais citer la page 8 des « Média Pages »:

POURQUOI MEDIAPAGES?

Parce que 63,4 % des canadiens utilisent Internet et que 91 % de ceux-ci l’utilisent pour trouver de l’information sur des produits qu’ils désirent acheter, Canoë411.ca s’avère un choix sensé pour la promotion de votre entreprise sur le Web.

À la lumière ces observations statistiques, je me dois de reposer LA question à nouveau; pourquoi ces foutus médiapages.

Merci Quebecor, de crier tous les arbres en même temps.

August 26, 2008

Un petit ménage...

Je suis présentement en train de procéder à une réorganisation importante des catégories de ce blog. Ceci prendra possiblement quelques jours, mais rendra la vie certainement plus facile à tous les visiteurs. Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à me laisser vos commentaires.

Une industrie désaxée

L’industrie des télécommunications du Canada est clairement malade. Un mélange d’absence de concurrence, de régulation claire et de processus public et légal pour la protection des consommateurs est à pointer du doigt comme cause probable de cette situation.

Il y a quelques semaines, je critiquais le fait que Bell et Telus allaient modifier de manière unilatérale leurs contrats de services pour charger des frais pour les SMS entrants. En même temps, Rogers charge les frais d'accès au réseau parmi les plus élevés du monde pour le iPhone 3G. Aussi, on entend des plaintes de plus en plus fréquentes au sujet de la qualité de service d’abonnés de services de base comme le câble analogique. La situation est clairement à la perte de contrôle.

Alors que tous les symptômes d’une industrie malade jusqu’aux os sont présents, comme si ce n’était pas assez, l’abcès vient de nous éclater dans la figure...

Au cours de l’hiver 2008, Telus a lancé une importante campagne de marketing offrant des plans de connexions illimités par réseau cellulaire pour utiliser avec des modems cellulaires pour ordinateur. Se connectant sur le réseau EV-DO, c'est modems ressemblent à des cartes pour réseau WiFi, mais se connectant sur les réseaux de cellulaires. Parmi les clients visés par ce plan relativement dispendieux (75 $ par mois), les gens qui n’ont pas accès aux services à haute vitesse dans leur secteur. BIen que moins rapide que les connexions haute vitesse, il s'agit d'une alternative très intéressante au bon vieux "Dial-Up" par modem téléphonique traditionnel.

Récemment, Telus s’est mis à forcer les usagers de ces plans illimités à changer de plan pour un à 65 $ et limité à 1 GB de donnée. En plus, Telus s'est mis à fermer les comptes de tous ceux refusant le changement. Ces usagers sont pourtant, pour la plupart, sur des contrats à durée prédéterminés (souvent 2 ou 3 ans).

La raison invoquée pour ces mesures, mesures qui semblent pourtant systématiques, est une soi disant violation de l’entente de service. Faut-il comprendre que tous les usagers ayant un plan illimité violent systématiquement leur entente de service, mais qu’ils ne violent plus la même entente une fois sur un plan limité à 1GB?

L’entente de service de Telus est pourtant très vague, voire même contradictoire. Mais un point important est que, comme toujours, Telus se réserver le droit discrétionnaire de suspendre, limite ou modifier les termes du contrat ou du service. Le droit discrétionnaire...

Les clients sont donc liés par un contrat limitant fortement ce qu'ils peuvent faire, mais laissant carte blanche au fournisseur de service. Pire encore, pour l’abonné il est pratiquement impossible de se libérer d’un contrat à durée déterminé sans devoir débourser des gros sous. Loin de moi de vouloir me présenter comme un expert en droit des affaires, mais la simple idée d'un contrat liant deux parties où l'une d'elles est libre de faire comme bon lui semble et l'autre à les pieds coulés dans le béton fait s'allumer la petite lumière de la mauvaise pratique commerciale et même de la pratique illégale dans ma tête. Et cette situation ne se limite pas seulement à Telus, mais généralisé dans le monde de l'industrie des télécommunications.

Encore une fois, j’espère que le gouvernement Canadian prendra en main le dossier des compagnies de télécommunications au pays, à l’image de ce que la Commission Européen a fait de l’autre côté de l’océan. J’ai peu d’espoir, mais peut-être que le spectre d’une campagne électorale fédérale fera bouger les choses.

Ce sera définitivement le moment de prendre le pouls de votre candidat favori sur les questions qui touchent l’industrie des télécommunications et les lois sur les droits d’auteurs. Pensez-y lorsqu’ils viendront sonner à votre porte!

August 25, 2008

Une oasis dans un désert industriel

Une oasis dans un désert industriel

Le réaménagement des rives du St-Laurent, voilà le plus beau cadeau à long terme que le 400e aura laissé aux Québécois. La promenade Samuel de Champlain aura fait jaser toute la ville par sa splendeur et par l’originalité de son aménagement.

Le réaménagement des berges ne s’arrête toutefois pas là. Un secret relativement bien gardé - ou moins mis à l’avant-scène — est le réaménagement de la baie de Beauport. Ce site est localisé directement à l’ouest du domaine de Maizerets, sur le remblai continuant derrière l’usine de pâtes et papier de la White Birch (anc. la Daishowa).

Ce remblai de terre prolongeant l’estuaire de la rivière St-Charles change tout un coup complètement de visage, se transformant d’un monstre industriel en un parc vivant et avec une vue resplendissante sur la baie de Beauport. Avec une grande plage, jeux pour enfants, activités nautiques, terrains de volleyball de plage, ce parc est un endroit rêvé pour fêter les chaudes journées d’été (quand il y en a).

La proximité des installations portuaires et industrielles est toutefois inquiétante pour le site. D’abord, le bruit probant de la zone industrielle nous rappelle constamment sa présente à proximité. D'ailleurs, cette partie est cachée par un haut remblai de terre cachant du même coup la vue magnifique que l’on pourrait avoir sur la ville. Aussi, la propreté de l’eau pourrait être affectée par la proximité des opérations maritimes, rendant la baignade éventuellement plus difficile.

L’accès au site n’est pas facile non plus. En auto, l’accès se fait par Henri-Bourrassa, mais le stationnement y est payant. Ceci est contraire aux autres sites du 400e; sans surprise puisqu’il est géré par la Société du Port de Québec. L’accès est aussi possible avec l’autobus 400, ce qui est une excellente chose. Par contre, après l’arrêt du parcours 400, un parcours encore officiellement temporaire, l’accès en autobus au site sera quasi impossible. Espérons qu’au minimum une navette sera mise en place pour les années futures.

En vélo. Bonne chance. Vous pouvez quitter le réseau cyclable et passer par Henri-Bourassa. Si d’avoir votre heure de gloire au coeur du monde du camion lourd n’est dans votre plan de match, vous pouvez aussi vous y rendre en passant par la piste cyclable entre le domaine de Maizeret et les chutes Montmorency — un petit détour de 2.2 km seulement.

Mais après toutes ces pirouettes pour vous y rendre, vous vous rendrez bien compte que le détour aura valu la peine. Une vraie plage en plein coeur de la ville.

http://baiedebeauport.com/

August 21, 2008

Une moulinette bien huilée!

L’été 2008 n’aura pas été connu comme l’été permettant de profiter le plus des attractions extérieures de la ville. C’est hier seulement que j’ai enfin pu regarder le Moulin à Images de Robert Lepages dans son intégralité pour la première fois.

Voilà une belle nouveauté pour le 400e de Québec, une réalisation technique impeccable. Autant son que lumière sortaient parfaitement bien avec une précision et qualité superbe. Considérant les défis techniques que posent l’architecture de l’édifice et l’arrangement du site, le résultat est tout à fait surprenant et impressionnant. De recréer un environnement sonore tridimensionnel sur un site comme celui de l’espace 400e, c’est un spectacle en soi.

Beau et grandiose, pendant que le spectacle lui-même l’est, le contenu l’est moins... Un peu de recul m’a bien aidé à le voir. Présentant les 400 ans d’histoire de la ville de Québec, j’ai trouvé que les 300 premières années étaient plutôt maigres et sans profondeur.

Et comme trop souvent dans les oeuvres québécoises, notre génération, les 25-30 ans (ou, je pourrais carrément dire les 0-30 ans) a complètement été mise de côté et oubliée. Malgré que les 2 tiers du spectacle portent sur le quatrième siècle de la ville, on croirait presque que l’histoire de Québec s’est arrêtée en 1978. Oh il y avait bien un clin d’oeil ou deux sur les années 80, 90 et 2000... mais la représentation de l’évolution de la ville sur cette génération est très très pauvre.

Je comprends que le temps pour la présentation soit limité... mais on aurait bien pu couper dans les messages politiques subtils pour, au moins, bien représenter notre génération et celle de demain.

Malgré ce petit bémol, le Moulin à Images est un grand succès. Un succès dont le meilleur baromètre est la foule qui s’y retrouve tous les soirs, beau temps mauvais temps.

Thumbs up!

August 20, 2008

Un vent d’originalité rafraichissant

Je ne parle pas souvent de jeux vidéo sur mon blog. Il y a plusieurs raisons à cela. Pourtant, c’est un domaine auquel je m’intéresse d’assez près. D’abord, je suis un « gamer » moi-même, appréciant bien certains jeux sur ordinateur comme passe-temps. Ensuite, je suis aussi un développeur, ayant participé à plusieurs projets de développement de jeux comme programmeur et apprenti animateur 3D.

L’industrie du jeu vidéo est une industrie monstre... plus grosse que celle du cinéma! Pourtant, un peu à l’image du cinoche, elle a un gros problème : elle s’essouffle. Une maque d’originalité et couplée à une dilution des talents (autant artistique que technique) de production dans un déluge de jeux tous aussi mauvais les uns que les autres. Souvent des bonnes idées de concepts font surface, mais ces idées sont si mal exploitées qu’elle gâche le produit quasi totalement.

Un pionnier

Alors que peu de jeu ont vraiment satisfait la communauté, une compagnie de production s’est démarquée des autres dans l’industrie du jeu. Valve Software a d’abord bouleversé une industrie quasi léthargique avec le jeu Half-Life, publié en 1998. Ce jeu de type « first person shooter » (FPS) offrait non seulement des graphiques époustouflant pour l’époque, mais il présentait surtout une histoire, un scénario et un environnement fictif solide et bien ficellé.

Valve ne s’est pas arrêté là! En 2004, la compagnie lança Half Life 2. Non seulement ce jeu est tout aussi captivant et bien scénarisé que le premier, mais il offrit une avancée technique hors pair. Le rendu visuel et le contenu artistique de ce jeu contribuèrent à en faire un des jeux pour « PC » des plus populaire. Mais l’originalité de Valve ne s’est pas limitée au contenu du jeu.

Problématique distribuée

Un problème majeur de l’industrie du jeu vidéo est que les producteurs, souvent petit et fragile, sont à la merci des grands distributeurs qui imposent leur vision à la production. Cette influence est souvent très négative sur le produit puisque ces distributeurs vont souvent pousser le lancement de produit non fini pour des raisons de concurrence ou pour avoir un « bon timing » avec les fêtes. Les distributeurs vont aussi souvent découper les produits en sous-produits pour pouvoir vendre des « expensions pack » quelques mois seulement après la sortie du jeu. Bienvenu dans le monde ultracapitaliste de l’industrie du jeu vidéo...

Or, Valve, pour s’éviter tous ces problèmes, a décidé de distribuer ses jeux elle-même. Pour faciliter cette opération avec leurs moyens relativement limités, ils ont créé la plateforme Steam qui permet l’achat et la distribution de jeu par internet. Se basant sur le fait que la majorité des gamers ont des connexions haute vitesse et sur le fait que beaucoup de gens n’ont pas de problème à télécharger des jeux piratés, ils ont offert cette possibilité de façon officielle avec Steam.

Au début, beaucoup de monde s’opposait vertement au concept de steam, nécessitant une connexion internet pour activer le jeu. Pourtant, près de 4 ans plus tard, le ton a bien changé. Beaucoup de gens ne jurent que par Steam au point où j’ai pu lire sur un forum « I’m not buying anything that is not on steam. It’s too much trouble to go to stores ». Maintenant, il y a plus de 250 jeux distribués par steam dont plusieurs n’auraient peut-être jamais été distribués par des distributeurs traditionnels. Steam compte plus de 15 millions d’abonnés et offre, en plus de l’achat et du téléchargement de jeux, la possibilité de créer des communautés de jeu en ligne et de retrouver facilement et rapidement des amis jouant sur internet. Les habitués des jeux réseau savent que ce n’a pas toujours été une tâche facile... imaginez retrouver quelqu’un parmi des dizaines de milliers de joueurs sur des milliers de serveurs. Bonne chan...

Continuité et nouveauté

Par la suite, Valve a continué à étendre l’univers de Half Life avec une série d’épisodes tout aussi polis et de qualité que le jeu original. Par contre, Valve n’a pas joué que dans la continuité. Deux nouveaux jeux ont été produits suite au lancement de Half Life 2.

Portal, un jeu avec une interface de type « FPS », mais sans le « shooter », est un jeu de puzzle que plusieurs ont consacré comme étant le meilleur jeu d’ordinateur jamais fait. Sans aller jusqu’à là, je dois dire qu’ils ne sont probablement pas loin de la vérité. Un jeu original, abordable (vraiment), amusant, divertissant, frustrant, drôle... quel vent de fraicheur ce fut pour l’industrie!

En même temps que Portal, Valve a lancé le jeu Team Fortress II, une revisite du très populaire jeu du début des années 2000, Team Fortress Classic. À l’origine, le jeu Team Fortress était un jeu de type « capture the flag » où deux équipes s’affrontent pour essayer de voler le « drapeau » de l’autre équipe. Une particularité de ce jeu était que les joueurs pouvaient choisir d’incarner un rôle parmi une dizaine de rôles différents, chaque rôle ayant une fonction différente dans le jeu. Il en résulte un jeu avec une très grande variété et où l’équilibre des rôles dans une équipe sont une clef importante à la victoire, d’où le nom « Team » Fortress.

Lorsque Valve a lancé le projet de remettre au goût du jour ce jeu, ils ont décidé de garder l’idée principale (l’objectif) du jeu et le système de classe, mais plutôt que de créer une atmosphère ultraréaliste tel qu’ils avaient fait dans Half-Life 2, ils ont décidé de créer une atmosphère aussi « cartoonesque » que possible. Ainsi, avec un rendu graphique de style dessin animé, ils ont donné des personnalités bien particulières et très caricaturales à chaque classe de joueur. L’humour et le manque de sérieux sont à l’honneur. Et comme ça fait du bien de voir une production de jeu qui ne se prend pas inutilement au sérieux.

Pour la promotion du jeu, Valve a créé une série de vidéos présentant les rôles... la série Meet the . En regardant ces vidéos, on a l’impression de revoir des cartoons de notre enfance et c’est bien l’ambiance qui se dégage de ce jeu.

Le dernier vidéo de la série : « Meet the sandvich »... une arme redoutable qui permet de se redonner de l’énergie et de se remettre en santé!

Du site web officiel :

About the Game

Name: Sandvich
Role: Edible Device
Weapons: Toothpick

He was a good lunch who played by the rules, until the rules robbed him of everything he ever loved. Now he's lettuce, tomato, cheese, bread, and a mysterious slice of meat, marching down your throat and straight to hell. He'll satisfy your hunger. FOR REVENGE!

Sincèrement, je dois féliciter Valve et ses équipes artistiques pour leur originalité et humour apparemment sans limites. La production de Valve Software devrait être un modèle à suivre pour l’industrie (et non pas un modèle à copier... chose qui se fait trop souvent dans ce domaine). Chapeau!

Allez donc jeter un coup d'oeil au site de steam, http://www.steampowered.com, ou directement la page du Orange Box. Le Orange Box est un ensemble comprenant Half Life 2 et ses suites ainsi que le merveilleux petit jeu Portal et Team Fortress 2.

Soit dit en passant, j’ai une copie virtuelle (distribution numérique par Steam) de Half Life 2 à donner en cadeau. Premier arrivé, premier servi : ). Comme on dit, gratuit pour essayer un jeu, c’est pas cher.

August 18, 2008

Viser haut

Pour beaucoup de monde, l’industrie spatiale n’est qu’un autre trou noir financier sans but ni cause. Pourquoi diable aller sur la Lune?! Ce n’est pas comme s’il n’y avait pas de place sur Terre, direz-vous? Comme souvent, ces gens oublient de regarder la situation d’un point de vue global. Ils oublient que l’industrie spatiale ne se limite pas qu’à l’exploration (qui est un objective valable en soit selon moi). L’industrie spatiale, c’est un catalyseur de développement technologique et politique qui n’a d’égal que la guerre. C’est une panoplie de technologies qui sont maintenant dans notre vie de tous les jours et dont on ne pourrait se passer; l’exemple classique du velcro me passe par la tête. L’industrie spatiale, c’est des réseaux de télécommunication, de télévision, Internet et de téléphone. C’est l’étude de la Terre, de l’environnement, des phénomènes météorologiques. C’est une navigation sécuritaire pour les avions, bateaux et randonneurs dans les bois. C’est bien plus que vous pouvez même vous imaginer.

Pourtant, relativement peu de pays sont actifs dans le domaine aérospatial. Le coût est une raison importante, mais la demande en technologie de pointe, en main-d'oeuvre qualifiée et en savoir-faire est probablement une raison encore plus importante pour expliquer cette limitation. À cela, j’ajouterais le manque d’intérêt politique...

Le Canada possède sa propre agence spatiale, l’Agence Spatiale Canadienne [space.gc.ca]. L’ASP fait partie de la douzaine d’agences dans le monde qui opère des satellites (sans les lancer). Elle forme aussi des astronautes pour participer à des missions de la NASA, l’équivalent américain de notre agence.

Peut-être serait-il temps à l’ASP de viser plus haut et de rejoindre le groupe sélect de nations ayant la capacité de lancement et même la capacité d’effectuer des missions habitées.

Seuls quelques pays ont la technolgie développée pour le lancement de missions habitées. Outre nos voisins du sud, les Chinois et les Russes sont les seules administrations publiques à avoir cette capacité. En plus de ces trois pays, une vingtaine de pays ont la capacité de lancement, c’est-à-dire d’envoyer des véhicules non habités en orbite. La majorité de ces pays n’ont toutefois cette capacité que de façon indirecte par leur participation au programme de l’Agence Spatiale Européenne (ASE). Le nombre de pays ayant des capacités de lancement orbitales augmente d’année en année.

Le modèle de l’ASE est idéal. De regrouper plusieurs nations ensemble pour faire avancer le développement spatial, est la chose à faire. Puisque l’obstacle le plus important au développement de cette industrie est le savoir-faire et le savoir, pourquoi égrainer cette connaissance dans plusieurs agences limitées plutôt que de tout mettre ensemble? Il serait idéal pour le Canada de s’allier à un programme aérospatial international au même niveau que les nations européennes dans l’ASE. Par contre, il ne faut pas compter sur la NASA pour démontrer ce genre d’ouverture.

Alors, pourquoi ne pas, sans jeu de mots platte, lancer un programme canadien plus avancé? Malgré sa rareté, le Canada ne semble en relativement bonne position pour ce qui d’avoir une main-d’oeuvre d’expérience dans le domaine aérospatial.

Plusieurs organismes ayant des programmes de lanceurs en fonction ou en cours de développements, notamment la NASA, l’ASE et l’Agence Spatiale Russe, ont des programmes qui reposent entièrement sur des concepts vieux de plusieurs générations maintenant. Le coût des programmes existant et déjà mis en place ainsi que la pression politique associée à ces coûts gèle complètement le développement innovateur de nouveaux programmes de lanceur. Et lorsque de nouveaux programmes sont annoncés, pour limiter les coûts, au lieu de baser ces nouveaux lanceurs sur l’avancement technologique et scientifique, ils sont basés sur des technologies vieilles de 50 ans. Voilà le point où l’objectif de développement technologique par l’entremise d’un programme spatial a complètement été mis de côte au profit du simple développement politique (politique interne, devrais-je ajouter). Dans ce contexte, je dois donner un peu raison à ceux qui voient ces programmes comme des gouffres financiers à objectifs douteux.

La NASA a, depuis quelques années, pratiquement complètement éliminé tous ses programmes de recherche et développement technologique. Ces technologies auraient pu servir au développement d’un tout nouveau programme de lanceur, innovateur et faisant avancer l’industrie spatiale à l’ère du 21e siècle après le retrait des Navettes spatiales. Ce n’est pas ce qui se passe. Au lieu d’innover, on se replie sur « ce que l'on connait bien ». Cette approche devrait être celle des entreprises privées qui commencent à se développer en se basant sur les technologies développées par les agences publiques. En effet, plusieurs compagnies privées ont des projets en phase de développement et de tests. Pour eux, il est normal d’avoir des objectifs de fonctionnalités et de rentabilité. Les agences telles que la NASA devraient être en avant de ces objectifs afin de favoriser l’industrie des générations futures. Pas se baser sur les veilles idées des générations passées.

Le Canada, quant à lui, n’a pas (encore) les pieds coulés dans la mélasse politique des programmes spatiaux. Sans lanceur et sans programme, la table est vierge et sur la table il n’y a qu’un paquet de cartes; de cartes blanches. Avec le savoir-faire actuel de l’industrie et des universités canadiennes et avec le niveau d’innovation que le Canada a démontré dans le domaine aérospatial dans le passé, le Canada pourrait rapidement devenir un joueur majeur dans le développement spatial. Disons-le, le Canada a souvent fait les choses différemment. Peut-être est-il temps de tourner la page du livre de l’industrie aérospatiale dans le monde et d’en commencer une nouvelle.

Et tant qu’à mettre de l’argent dans l’industrie militaire pour faire avancer le développement technologique, faire rayonner l’industrie canadienne et donner des contrats à des amis, pourquoi ne pas faire la même chose avec l’industrie aérospatiale plutôt; une cause quelque peu plus noble...

August 14, 2008

Congé de blogue...

Cela pourrait sembler un peu paradoxal que de décréter un « congé de blogue » après une période de plusieurs mois de négligence quasi totale de ma part. Il s’agit en fait d’un congé un peu forcé par la force des choses, bien que pas tant forçant à endurer que ça.

Allant en camping toute la fin de semaine, je serai loin de toute technologie. Dans un quasi-retour à l’âge de pierre, je laisserai derrière moi toute technologie et je ne pourrai donc pas blogueur.

En effet, il n’est pas possible de se connecter sur internet avec ma caméra numérique, mon GPS, ma lampe de poche à LED, ma montre, etc. Peut-être avec mon cellulaire, mais c’est simplement trop chiant.

Un grand retour en force dès lundi... en espérant une fin de semaine moins humide que le reste de l’été.

August 13, 2008

Business d’importation / déportation

Aujourd’hui, l’ordre de déportation d’un second déserteur américain ayant demandé le statut de réfugié au Canada a été lancé. Protestant contre la légalité, la légitimité et l’humanité (comme si une guerre pouvait être humaine) de l’agression américaine en Irak, plusieurs militaires américains ont décidé de déserter et de se réfugier au Canada où ils avaient été les bienvenus dans le passé.

Mais pas avec les conservateurs au pouvoir...

Je suis d’avis que le Canada doit faire tout pour démontrer qu’il est un pays souverain en Amérique du Nord et non pas une bande territoriale lèche-botte qui longe la frontière nord des É.-U..

Avec la déportation des déserteurs des grandes armées du sud, non seulement nous nous mettons à genoux devant nos voisins du sud du point de vue politique, mais aussi moral et social.

La question du jour : croyez-vous que le Canada devient tranquillement le 51e état américain un peu chaque jour que les conservateurs sont au pouvoir?

August 12, 2008

Procédure judiciaire 1 : Jugement 0

Des gens qui manquent de jugement, même devant les tribunaux, on en retrouve à profusion. Tel un fleuve en pleine crue postglaciation, le manque de jugement coule à flot dans notre société.

Récemment a eu lieu la conférence Defcon. Defcon, c’est la plus grosse conférence de hackers (ne pas confondre avec pirates) qui a lieu annuellement à Las Vegas. Ici, il est important de comprendre que le terme « hackers » ne se limite pas à l’informatique, bien qu’un lien étroit s’est créé entre cette communauté et le monde informatique. Les hackers sont ceux qui cherchent, trouvent et, parfois, exploitent les vulnérabilités de nos systèmes. Les systèmes informatiques étant très vulnérables aux attaques, ils sont souvent des cibles de choix pour ces hackers.

Le travail d’un hacker est principalement un travail d’observation. Avec beaucoup d’observation et un peu d’imagination, le hacker réussi à trouver des failles qui lui permettront, par exemple, de faire des interurbains en utilisant un système téléphonique vulnérable d’une entreprise. Il est important de comprendre que le travail d’un hacker n’est pas purement technique. Une grosse partie du travail d’un hacker est sociale. Souvent, la compréhension du comportement humain ou des procédures établies permet d’ouvrir des portes et trouver des failles.

Si une procédure de sécurité est complexe et ardue, il est fort probable que l’opérateur devant effectuer cette procédure coupera les coins ronds, laisse possiblement une brèche dans un système. Un autre exemple et l’utilisation du même mot de passe pour plusieurs systèmes. Beaucoup de gens utilisent un même mot de passe pour plusieurs systèmes; de connaître un mot de passe peut potentiellement permettre d’accéder à plusieurs systèmes. Parfois, une visite dans un édifice à bureau (dans le cadre d’une fausse entrevue, par exemple) peut révéler beaucoup d’information : dans les établissements où la sécurité est complexe, les mots de passe deviennent parfois tellement rébarbatifs que les gens les écrivent sur des post-its sur leurs écrans. Une tournée rapide dans ces lieux peut donner parfois le mot de passe donnant accès à l’ensemble du système. Voilà seulement quelques exemples de « social engineering » qui démontre qu’un hacké ne se limite pas aux aspects technologiques.

Plusieurs experts de sécurité croient que la limite de la sécurité d’un système, c’est toujours ses usagers et ceux qui voient à cette sécurité. Dans le cadre de Defcon 16, ceci a été démontré d’une manière admirablement élégante.

Un groupe de trois étudiants du MIT devait présenter une étude intitulée « The Anatomy of a Subway Hack: Breaking Crypto RFIDS and Magstripes of Ticketing Systems » dans laquelle ils expliquent comment le système de passes et payage du métro de de Boston, sous administration de la « Massachusetts Bay Transit Authority » (MBTA), peut être exploité et où se trouve ses vulnérabilités. L’idée n’était pas de donner la recette pour exploiter les failles du système, mais plutôt d’exposer le problème et de proposer des solutions.

Malheureusement, une doctrine trop courante dans le monde de la sécurité est celle de la sécurité par l’obscurantisme. Au lieu d’exposer un problème pour que plus de gens puissent apporter des pistes de solution dans sa résolution et qu’un travail collectif de mise à niveau se mette en marche, beaucoup d’experts préfèrent cacher les problèmes. Peut-être croient-ils que personne ne découvrira la faille. Peut-être croient-ils qu’ils auront moins de pression sur leurs épaules pour régler le problème... peut importe, la preuve est faite depuis longtemps que ça ne fonctionne pas.

C’est ainsi que la réaction du MBTA fut de faire une demande d’injonction interdisant la présentation de l’étude à la conférence de Defcon 16. Bien malheureusement pour les responsables du MBTA, la « slide show » de la présentation était déjà publique et distribuée sur Internet. Cette présentation s’est propagée comme une traînée de poudre.

Vous trouvez cela amusant? Attendez seulement! Avant de lancer la procédure d’injonction, les responsables du MBTA étaient en contact direct avec les étudiants du MIT, auteurs de l’étude. Ils ont demandé de voir les résultats de leur étude et savoir ce qu’ils allaient présenter à Las Vegas. Désireux de contribuer à l’amélioration de la sécurité du système du MBTA, le groupe de hacker a non seulement divulgué au MBTA la teneur de leur présentation, mais aussi un rapport détaillé de leurs trouvailles. Ce rapport, considéré hautement confidentiel par les auteurs, explique en détail comment le système est vulnérable et comment il peut être exploité, étudies de cas à l’appui. Il présente aussi des pistes de solution pour remédier, du moins en partie, au problème.

Mais, dans une crise aiguë d’obscurantisme, les responsables du MBTA ont lancé la procédure d’injonction (qu’ils ont gagné)... en présentant comme preuve ledit rapport confidentiel détaillant les vulnérabilités. Peut-être que les gens du MBTA auraient oublié que toute preuve admise devant un tribunal devient automatiquement publique et accessible. Woups.

« Want free subway rides for life? »

L’impact de tout ceci est pourtant important; bien plus important que de mettre en péril le système de paiement du MBTA. Ce même système est en effet utilisé par beaucoup de compagnies de transports en commun dans le monde. Tous sont potentiellement vulnérables à l’exploitation.

Je vous invite tous à jeter un oeil à cette présentation [mit.edu]. Bien qu’elle devienne rapidement plutôt technique, les 17 premières pages de la présentation démontrent des aspects non techniques que les hacker utilisent. Ces pages montrent aussi des failles que plusieurs d’entre vous n’auraient probablement jamais pensées exploitables. Regarder bien et, la prochaine fois que vous prendrez le métro ou allez au cinoche, portez attention aux détails. Peut-être que vous arriverez vous aussi à découvrir des failles du système...

August 11, 2008

Échec technologique...

La technologie, tous ceux qui me connaissent bien le savent, ma maison en abonde. Après tout, avec deux ingénieurs patenteux sous le même toit, cette situation n’est pas trop surprenante. Ce qui n’est pas surprenant non plus, c’est l’échec colossal de certaines de ces approches technologiques.

Le plus bel exemple, c’est notre approche à la gestion marmottesque dans le jardin. Un jardin, c’est super... lorsque les marmottes ne mangent pas tout avant nous. La solution, qui avait été mise de l’avant pour régler ce problème, fonctionnait relativement bien malgré son côté low-tech. Une simple clôture à chien autour du jardin était tout ce qu’il fallait pour empêcher les marmottes de pisser sur nos scaldes. Seuls quelques jeunes marmottons réussissaient à traverser les barreaux de la clôture.

Malgré ce succès retentissant de fonctionnalisme, ce n’était guère assez technologique pour les Kretschmer. Une solution au goût du jour a été mise de l’avant. En plus, cette solution a l’avantage de ne pas avoir à être installée de nouveau chaque saison. Je présente : la mini clôture à vache. La mini clôture à vache (ou clôture à marmotte), c’est deux milles volts de plaisir pour ceux qui y touchent! 2 kV, ça ferait changer d’idée même les plus convaincus d’entre nous.

Cette solution a bien marché quelque temps. Malheureusement, les petites bêtes ont bien compris que « ce n’est pas si pire que ça » et ont recommencé à passer en dessous au courant de l’été (sans jeu de mots).

La solution? Eh oui, vous avez bien vu... une clôture à marmotte plus puissante. C’est ainsi que le module conçu pour repousser chat, chien, enfant et marmotte a été remplacé par un module plus formidable que le précédent... un module de clôture à cheval.

Malgré cette mise à niveau digne d’une bombe thermonucléaire pour écraser un perce-oreille, cet après-midi, une marmotte était en train de brouter de l’herbe _sous_ la clôture, avec le dos bien accoté sur le fil conducteur. Me regardant avec l’air hébété, elle se demandait peut-être pourquoi 10 kV traversaient son corps 2 fois par seconde. Quant à moi, l’air tout aussi hébété, un seul mot me venait à l’esprit : FAIL.

Quote of the day

When you do things right, people won’t be sure you’ve done anything at all.
- God (Futurama)

August 10, 2008

L’imaginaire rouge

Parfois, il y a des photos qui touchent notre imaginaire le plus profond. Des photos qui nous amènent dans des mondes nouveaux. Qui nous font découvrir de nouvelles facettes de l’humanité ou, parfois, de nous-mêmes.

Ces derniers temps, une photo plutôt banale a réussi à toucher mon imaginaire et ma curiosité. Une image en fait composée de 400 photos différentes... une image qui, à première vue, ne montre pas grand-chose. Pourtant, plus je regarde cette photo, plus j’ai envie de passer de temps à la regarder.

Il s’agit d’une vue de 360 ° de la sonde Phoenix Lander.

En regardant cette photo en profondeur, elle nous révèle plusieurs de détails fascinants. Avec le temps, l’envie de scruter chaque roche et grain de poussière nous gagne. En observant la sonde elle-même, on découvre des choses sur nous-mêmes et sur ceux qui ont conçu la sonde. En regardant le sol autour de la sonde, on devine ce que les opérateurs on fait ou tenté de faire.

Tant de choses dans une seule image, une image qui semble si banale dans le déluge visuel du 21e siècle. Peut-être cette image saura-t-elle aussi toucher votre imaginaire à vous.

Voici donc cette fameuse image... par contre, pour bien apprécier cette image, il faut la voir en pleine résolution [6000x4500 pixels, 8 MB].

265528main_image_1145-428.jpg

source: http://www.nasa.gov/multimedia/imagegallery/iotd.html

August 09, 2008

400 fois bravo!

Les fêtes de 400e s’annonçaient, en 2006, comme le pétard mouillé de 21e siècle à Québec. Avec un superbe escalier pour aller de nulle part à nulle part un peu plus haut, les espoirs d’en retirer quelque chose à court et à long terme étaient plutôt faibles.

Fort heureusement, du ménage a été fait dans les gens et les idées et nous voici, aujourd’hui, au coeur des fêtes du 400e. Ces fêtes sont, sans aucun doute, un grand succès. Malgré certains événements plus vinaigrés que d’autre (spectacle d’ouverture), la majorité des événements s’est déroulée de façon superbe.

Plusieurs événements d’envergure laisseront leur marque à toujours dans la mémoire collective des gens. Nommons seulement le spectacle de Paul McCartney, le Moulin à Images et le minidrame Dion/Angélil. D’autres réalisations du 400e vont, quant à elles, marquer le paysage de Québec pour des générations.

De toutes les réussites qui donnent une plus-value à la Ville de Québec, je crois personnellement que la plus belle est le réaménagement du littoral. Avoir un littoral aussi beau et si peu exploité, c’est un crime d’aménagement urbain.

Un excellent travail a été fait dans la conception et dans le réaménagement des berges du fleuve de Sillery à Beauport. Non seulement il s’agit là d’un grand succès esthétique, mais aussi succès fonctionnel. Jamais n’aura vu autant de gens profiter de ces installations. Chaque fois que je passe dans le secteur ou vais m’y promener, je suis surpris par le nombre de gens profitant de la Promenade Samuel de Champlain.

Les gens de Québec et les touristes y venant ne sont pas les seuls à s’en être rendu compte. La promenade, ou plus spécifiquement le secteur du Quai des Cageux, est actuellement finaliste dans un grand concours d’urbanisme et d’architecture, le World Architecture Festival, qui aura lieu à Barcelone du 22 au 24 octobre 2008.

Bravo aux architectes de cette belle réussite. Bravo Québec. Voilà quelque chose dont on doit être fier!

Mais bon, un escalier de nulle part à nulle part aurait été 1000 fois mieux. Surtout l’hiver...

August 08, 2008

Comment dit-on « mauvaise impression » en chinois?

Les Jeux olympiques, c’est grand. C’est très grand. Et quand c’est en Chine, faites confiance aux Chinois pour que ce soit encore plus grand que grand. Le spectacle d’ouverture était vraiment grandiose et on n’en attendait pas moins des organisateurs chinois. Visiblement, ils n’ont pas manqué d’artistes pour remplir leur scène/stade...

Puis est venu le temps de l’entrée des équipes de chaque nation. Ce moment en est un très attendu. C’est le moment pour les compétiteurs de chaque pays de parader devant les milliers de personnes dans le stade, mais aussi devant les milliards de personnes qui sont devant le petit écran (ou grand écran plat de 56 po qui rend le beau-frère jaloux).

Les nations sont entrées sur scène les unes après les autres dans un ordre semi-quelconque (soit selon l’ordre alphabétique chinois). Les unes après les autres sont entrées fièrement, suivant les couleurs de leur pays. Petites comme grandes délégations, tous les membres des équipes étaient tout sourire. Beaucoup avec les couleurs de leur pays à la main, quelques un avec une caméra, mais tous saluent la foule et les caméras de TV. Souriez, la planète vous regarde.

Puis enfin est arrivée la délégation canadienne. Oh boy... Quelle grande chance que j’ai pu cheerer pour la magnifique délégation brésilienne et pour la délégation allemande! J’aurais été plutôt triste et peu fier sinon. La moitié des membres de l’équipe avec une caméra à la main, comme si moman et popas n’avaient pas setté le VCR à la maison... plusieurs avec un cellulaire à la main, en train de faire des grimasses pour essayer d’entendre leur interlocuteur. Certains étaient en train de s’embrasser en pleurant sous le coup de l’émotion. Quelques-uns parlaient entre eux. Ah! Enfin quelqu’un qui salue la foule. Puis un autre cellulaire. Puis une autre caméra. Et un autre. Ah! il y a une autre personne qui salue la foule dans le coin, là-bas.

Tout un coup, ma fierté canadienne en a pris un coup. C’était mon daily wtf d’aujourd’hui. Le pétard mouillé de l’été (parce que peu de pétards ne sont pas mouillés cet été).

Pourquoi tous les membres de l’équipe canadienne n’avaient-ils pas un petit drapeau du pays dans une main et en train de saluer la planète de l’autre, comme l’on fait les autres délégations? Ça m’échappe totalement. Personnellement, je crois que la canada a perdu une autre occasion de faire bonne impression.

À la défense de la délégation canadienne, je n’ai pas pris le temps de regarder l’entrée de toutes les équipes. Mais sur la bonne vingtaine d’équipe que j’ai vue, s’il y en a une qui faisait dur, ce n’était pas une petite équipe du Népal, du Gabon ou des îles Mouk Mouk. C’est la délégation canadienne.

Meilleure chance la prochaine fois. 2010.

Prepare for unforeseen consequences

Mon entrée de blog d’hier, quelque peu cryptique, en a surpris plus d’un. Pourquoi donc un pied-de-biche pour aujourd’hui, me direz-vous?

Collider

Aujourd’hui, 7 août, est la date de mise en opération du Large Hadron Collider (LHC). Le LHC est le plus gros accélérateur de particules jamais construit à ce jour (par l’homme; je ne peux pas parler pour les gens de Vénus par contre). Non seulement c’est le plus gros accélérateur, mais aussi la plus grosse machine jamais construite sur la planète Terre. Un joyau de technologie d’une précision de constructions sans pareil qui se retrouve dans un tunnel circulaire de 27 km à 300 mètres sous la ville de Genève. Le LHC est, sans contredis, le plus gros défi technique qu’aura entrepris l’Organisation européenne pour la Recherche nucléaire, le CERN, et possiblement le plus gros défi technique depuis le début de l’ère nucléaire.

Malgré la complexité extraordinaire de cet instrument de recherche en physique nucléaire, son principe est assez simple. Imaginez que vous vouliez voir comment est constituée une voiture. Voir quelles sont les pièces qu’on y retrouve, combien il y en a, quelle est leur masse et avec un peu de chance, leur fonction. Juste en regardant la voiture, ces observations sont plutôt impossibles à faire. Une approche classique du « reverse engineering », c’est de prendre une panoplie d’outils et de, tranquillement, démonter la voiture pièce par pièce. Malheureusement, parfois les outils pour faire une telle chose ne sont pas disponibles. D’autres fois, les outils n’existent tout simplement pas. Comment faire alors?

Au premier niveau, vous pouvez simplement lancer l’auto aussi vite que possible dans un mur. Avec un peu de chance, suffisamment de pièces vont se détacher. Mais, les autos étant bien construites et cette opération étant plutôt banale, ce n’est pas suffisant. Au second niveau, l’idée est de prendre deux automobiles identiques et de faire un face à face à pleine vitesse. Voilà la façon la plus facile et rapide d’étudier les entrailles d’une auto... Et si ce n’est pas suffisant, il suffit d'avoir une piste d'accélération plus longue et de faire aller les voitures encore plus vite.

L’idée d’un accélérateur de particules est très similaire. N’ayant pas les outils pour voir la constitution des neutrons, électrons et protons qui composent les atomes, on les lance les uns sur les autres et on « regarde » avec les détecteurs les plus sensibles de la planète où revolent les morceaux et comment ils se comportent en revolant. Cette technique a permis d’identifier plusieurs particules subatomiques et a fait avancer considérablement la physique des particules élémentaires.

Le LHC est l’accélérateur le plus puissant construit. Il permet d’accélérer des particules à des vitesses proches de la vitesse de la lumière. Les conditions qui y seront recréées seront similaires à celle qui se trouvait quelques instants après le big bang, à la formation de l’Univers. Rien de moins.

Le LHC doit débuter sa mise en fonction aujourd'hui...

Barre à croc

Et pourquoi donc une «crowbar»? La «cowbar», cet outil insignifiant et atechnologique, a-t-elle quelque en commun avec le summum de la technologie humaine? Non, on ne tape pas sur des atomes avec une barre à clous pour les briser. Non, ce n’est pas non plus une référence à l’ouverture de la boîte de pandore (mais presque).

La « crowbar » est en fait une référence à l’arme préférée de Gordon Freeman. Gordon Freeman est un scientifique du complexe de Black Mesa, au Nouveau-Mexique. Lors d’une expérience supervisée par le Dr Freeman dans la chambre de test de l’« Anomalous Materials Laboratories », un accident s’est produit et s’en est suivi des conséquences inimaginable : Une résonnance en chaine incontrôlable détruisit une grande partie des infrastructures du centre de recherche et un portail interdimensionnel fut ouvert vers le monde de Xen. De ce monde parallèle, des milliers de formes de vies extra-terrestres sont émergées, évidemment avec des intentions hostiles.

La situation a été contenue grâce au talent de Gordon Freeman en maniement de barre à clous, principalement pour ouvrir des caisses de matériel de façon propre et ordonnée et, parfois, pour taper sur des petites bêtes étranges.

Tout ceci n’est bien sûr pas réel (si un doute persistait). Ces événements sont les événements déclencheurs de la série Half-Life... probablement la série de jeu avec les scénarios et l’histoire les plus captivants de l’histoire du jeu vidéo (sur terre).

Et le lien est...?

Plusieurs croient (sans fondement, dois-je ajouter) que l’opération du LHC pourrait avoir des conséquences inattendues. Cet instrument générera non seulement les événements les plus énergétiques jamais produits sur terre, mais probablement même dans le système solaire. Bien que très ponctuels, les effets de ces événements ne sont que spéculation.

Les théories vont d’un beau show de lumière à la création de micro trou noir qui détruira la terre. Certains ont même lancé l’idée qu’une porte interdimentionnel vers Xen pourrait être ouverte. Aussi bien se préparer for unforseen consequences.

Un surcis

Avec chance, vous pourrez peut-être récolter vos tomates et les manger avant que A) elles pourrissent à cause de l’excès d’eau ou B) elles se fassent manger par des headcrabs. En effet, le LHC ne démarrera pas à pleine puissance immédiatement.

Mettre en marche une machine de cette complexité est un défi en soi. Une grande phase de test débute aujourd’hui, maintenant que l’ensemble de la machine a été refroidi à 1.9 Kelvin, soit 1.9° au dessus du zéro absolu (-271 °C). Le premier faisceau circulera dans le LHC le 10 septembre et ce faisceau sera d’abord à faible énergie. Éventuellement l’intensité sera augmentée pour atteindre 5 TeV d’ici la fin de 2008. Théoriquement, l’intensité du faisceau pourrait se rendre jusqu’à 7 TeV.

Faut-il s’en inquiéter? Malgré ce que certains pensent, aucun événement catastrophique ne devrait se produire lors des expériences du LHC. Par contre, les progrès qui pourraient être faits en recherche fondamentale sont inimaginables.

Bonus

En bonus, voici une illustration de Grodon Freeman, prêt pour démarrage du LHC.

Freeman_Crowbar.jpg

August 06, 2008

Tomorrow...

Prepare for unforeseen consequences

Tombé sous le radar de la société

La vitesse, sur les routes du Québec, est un problème. Parfois il s’agit de la vitesse excessive des automobilistes. D’autre fois, ce qui est en problème c’est la limite ridicule qui est imposée. Souvent c’est la vitesse à laquelle les trous se bouchent relativement à la vitesse à laquelle ils se forment. D’un point de vue ou d’un autre, la vitesse est souvent un problème.

Depuis plus d’une décennie maintenant, je prêche pour une révision complète du système d’attribution des limites de vitesse au système routier; au lieu d’une attribution de limite fixe par catégorie de route, d’utiliser plutôt une attribution variable selon l’état et la conception de la route, voire même une attribution dynamique selon les conditions météorologiques ou de trafic. Avec cette attribution plus intelligente des limites de vitesse, une exécution plus stricte de la loi devrait suivre.

Le projet

C’est, en partie, dans cette perspective que le projet de loi 17 (2001) devait permettre l’implémentation de cinémomètres photographiques, a la seule différence que les limites, elles, n’allaient pas être revu. Le bon sens ne vient malheureusement qu’en petites quantités dans notre coin de pays...

Le projet de loi 17 remonte donc à 2001 [1]. Depuis, il ne fait aucun doute que l’ensemble de la problématique que pose un tel projet de loi a fait l’objet d’un débat de société profond et complet. not.

Pour tout dire, pratiquement tous les problèmes qui avaient été soulevés en 2001, lors de la mise sur table du projet de loi, sont encore présents aujourd’hui. Aucune question n’a été résolue. Aucune précision n’a été donnée. Pusique qu’au Québec « on se souvient », les 7 ans d’attente avant la mise en application des modifications on fait le travail de traire la question.

Outre les critiques un peu farfelues (mais justifiées) de protection de la vie privée, des problèmes de justice et d’équité sociale ont rapidement été relevés par le Protecteur du citoyen en juin 2001 [2] puis par Barreau en août 2001 [3]. Or, tous les points soulevés alors restent encore en suspend dans la mise en application de la loi qui entrera en vigueur dans les prochains jours.

L’application

Pour comprendre la problématique, il faut jeter un oeil au processus d’émission des infractions par cinémomètre photographique. Lorsqu’un véhicule en excès de vitesse est identifié, une photographie de la plaque d’immatriculation est prise. La photo indiquant la date, l’heure, et la vitesse enregistrée est envoyée au propriétaire du véhicule. Celui-ci doit payer l’infraction de la même manière qu’il le devrait si un policier lui remet l’infraction en main... en supposant que c’est bien le propriétaire qui conduisait le véhicule. En effet, le projet de loi dit :

« 592.1. En cas d'infraction constatée par une photographie prise au moyen d'un cinémomètre photographique, le propriétaire du véhicule routier, par dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l'article 592, est tenu responsable de l'infraction, à moins qu'il n'établisse qu'il n'avait pas consenti à un tiers l'utilisation de son véhicule. [...] »

Ainsi, une personne, qui n’était pas nécessairement au volant du véhicule et non seulement tenue de payer la contravention, mais est aussi reconnue comme étant légalement responsable de l’infraction. Plus encore, le fardeau de la preuve repose sur le défendant et non sur l’accusation, ce qui est un précédent important dans notre système de justice. Le manque d’encadrement et de frontières claires pour cette nouvelle pratique est inquiétant. Plus importante encore, l’absence totale de débat publique sur la question est épeurante.

Les limitations

Heureusement, le projet de loi prévoit qu’une infraction suite à une identification par un cinémomètre photographique ne peut entraîner la perte de point d’inaptitude. Cette limite de l’application de la loi semble aller dans la bonne direction. Aussi, le responsable d’une infraction identifiée par un cinémomètre photographique ne pourra pas être passible de peine de prison en cas de non-payement. Par contre, les autres mesures en cas de non-paiement semblent rester valides dans ce cas. Ces mesures incluent le retrait du permis et la saisie du véhicule. Pour une infraction dont le fardeau de la preuve repose sur l’accusé, voilà des sanctions plutôt sévères.

D’ailleurs, la loi précise que le propriétaire n’est responsable que si « [...] 'il n'avait pas consenti à un tiers l'utilisation de son véhicule. [...] ». Qu’en est-il dans le cas où le propriétaire a consenti à l’utilisation du véhicule ou encore si le véhicule a plusieurs utilisateurs réguliers? Selon le texte du projet de loi, s’il y avait consentement, le propriétaire reste responsable (et coupable de l’infraction), peu importe qui était au volant. Aucun mécanisme ou même possibilité de délation ne semble envisagé par le projet de loi.

La barrière fondamentale

Un autre problème criant de cette loi est l’application d’une justice à deux vitesses. Un principe fondamental du système de justice en place dans notre pays et province est que deux personnes accusées du même crime ou de la même infraction civile ont droit à un traitement équivalent et à une peine égale. Or, on se retrouve ici avec deux régimes différents d’application de la loi pour la même infraction. Dans un cas une peine de prison pourrait même être applicable et des points d’inaptitude sont attribué, dans l’autre aucune peine de prison n’est applicable et aucun point d’inaptitude ne peut être attribué.

Dans un sens, ce nouveau régime est logique compte tenu de la difficulté d’identifier le conducteur réel du véhicule, que le fardeau de la preuve est sur l’accusé et, qu’en plus, aucun mécanisme de délation et de transfert de l’accusation (et de la peine) vers le conducteur réel ne soit prévu. Pourtant, deux personnes interpellées pour la même infraction pourraient se voir attribuer des peines et un traitement totalement différent. Comment cela cadre-t-il dans notre système de justice prônant un traitement équitable? Comment un juge pourrait-il défendre l’application de la loi où un conducteur se voit attribuer des points d’inaptitude alors qu’un autre ne reçoit aucun point pour la même offense?

Il serait peut-être temps de discuter de ces points ouvertement en société. Il serait le temps d’essayer de comprendre leurs implications et conséquences. De s’assurer que des balises claires sont mises en place avant d’ouvrir la boîte de Pandore.

La mise en place

La mise en place des cinémomètres est une autre question d’importance. Encore une fois, le manque de balise clair est inquiétant. Avant de mettre en place un tel système, il est important de se rappeler l’objectif du projet de loi qui est de réduire le nombre d’excès de vitesse pour améliorer la sécurité sur les routes. Malheureusement, beaucoup de gens croient que ces cinémomètres seront plutôt disposés pour faire le plus de revenus possible. Je dois admettre que, avec beaucoup de regret, je donne raison à ces personnes.

Ce n’est pas sur un tronçon droit de l’autoroute 20 où il y aura 45 infractions à 130 km/h toutes les 5 minutes que ces dispositifs doivent être installés. Ces dispositifs doivent être installés là où ils auront un impact direct et immédiat sur la sécurité du public et non sur la sécurité financière de l’état. Dans les zones scolaires. Dans les zones résidentielles où les gens roulent à 80 d’un stop à l’autre pour éviter les embouteillages. Dans les secteurs autour des hôpitaux. Dans les rues de campagne reconnue comme étant dangereuse. Sur les routes secondaires traversant les villages. Dans les zones de construction où des ouvriers mettent leur vie en danger à longueur de journée.

Aux abords d’un tronçon droit d’une autoroute à voie séparée, un cinémomètre ne deviendra pas un bienfait pour la société. Par contre, dans les échangeurs et zones d’étranglement des autoroutes, endroit où les policiers ne peuvent souvent pas faire d’intervention par des moyens traditionnels, l’utilisation du cinémomètre serait la bienvenue.

Tout cela semble évident. Malgré tout, j’entends les responsables du projet d’implantation dire que ces systèmes coûtent très cher et ne sont pratiquement pas rentables. Après cela, je ne peux que donner raison aux détracteurs de ces systèmes. Si le ministère met en place de telles mesures en voulant les rendre profitables au premier degré, nous avons un grave problème et il est temps d’en débattre plus à fond. N’oublions pas que si un cinémomètre permet d’éviter un seul accident mortel dans une zone dangereuse, il aura déjà été rentable pour la société... ce même s’il n’a jamais identifié d’excès de vitesse.

Dommages collatéraux

Cette modification au code de la sécurité routière fait aussi des dommages collatéraux dont l’impact est encore dur à évaluer. Par exemple, le projet de loi stipule que nul ne peut faire quoi que ce soit pouvant nuire de quelque façon au fonctionnement normal d’un cinémomètre.

Comment cette clause de la loi sera-t-elle appliquée avec les véhicules circulant avec une remorque? Avec les véhicules ayant un support à vélo à l’arrière? Avec un véhicule ayant une plaque temporaire dans la vitre arrière?

« 334.1. Un agent de la paix est autorisé à enlever ou à faire enlever aux frais du propriétaire du véhicule routier tout objet ou toute matière pouvant nuire de quelque façon au fonctionnement normal d'un cinémomètre ou à l'enregistrement des informations sur la plaque d'immatriculation par l'appareil-photo d'un cinémomètre photographique.

L'agent de la paix délivre un reçu à la personne en possession du véhicule et remet ensuite l'objet enlevé à la Société. »

Seul le temps pourra dire comment ces articles seront appliqués. En espérant que les choses restent sous contrôle et raisonnables. Après tout, n'oublions pas que ces systèmes ne sont pas infaillibles [4].

[1] http://www.assnat.qc.ca/FRA/Publications/projets-loi/publics/01-f017.htm
[2] http://www.protecteurducitoyen.qc.ca/fr/publications/communique/010607.asp
[3] http://www.barreau.qc.ca/publications/journal/vol33/no13/default.html
[4] http://thedailywtf.com/Articles/Traffic-Enfarcement-Camera.aspx

August 04, 2008

SMS = >:/\

Au Canada, réside depuis toujours un quasi-monopole dans le marché des télécommunications. Cette situation est visible dans tous les segments du marché : fournisseurs internet, cellulaire, téléphonie, télévision et j’en passe.

Cette situation monopolistique n’a pas été aidée par la ségrégation géographique des fournisseurs.Traditionnellement, Telus (BC Telecom) était surtout actif dans l’Ouest canadien pour le marché de la téléphonie et Bell dans l’Est. Rogers s’est installé sur le marché du cellulaire principalement en Ontario et au Québec, mais sur une technologie différente de Bell et Telus. En prenant en compte les technologies différentes utilisées, Bell et Telus ainsi que Rogers sont en situation de quasi-monopole pour ce qui est de l’offre de connectivité par cellulaire.

Heureusement, depuis quelques années, les limitations régionales sont tombées et les réseaux de chacun des grands fournisseurs sont devenus pancanadiens, introduisant ainsi une apparence de compétition.

La situation de monopole n’en est pas une qui est unique dans le monde. Les infrastructures de ces réseaux étant d’une telle envergure et complexité, plusieurs régions du monde sont souvent couvertes par un seul fournisseur ou par un fournisseur d’importance avec quelques fournisseurs secondaires peu connus ou louant les installations du fournisseur principal.

Or, en général, dans ces pays les gouvernements prennent leurs responsabilités et protègent les citoyens contre les abus. Ainsi, en Europe, toute communication entrante est généralement gratuite ou aux frais de l’appelant.

Au Canada, c’est aussi le cas pour ces qui est des messages texte (SMS) par cellulaire. Bien que les plans comptent souvent un nombre restreint de messages texte, ce nombre n’est que pour les messages sortants (envoyés par le titulaire du compte de cellulaire). L’usager n’a pas à payer pour des messages entrants et ces messages ne comptent pas dans la limite prévue par le contrat. Eh oui, à ce jour vous n’avez pas eu à payer pour les SMS que vous avez reçus.

Ceci est tout sur le point de changer. À partir du 8 août 2008, Bell chargera 0.15 $ du message reçu et Telus chargera le même prix à partir du 24 août 2008. Donc, à partir de ce mois-ci, plus de la moitié des Canadiens commenceront à payer pour recevoir des messages SMS sur leur cellulaire.

Plusieurs problèmes sont liés à ce changement. D’abord, pour les usagers ayant un contrat, il s’agit d’une rupture de contrat unilatérale de la part du fournisseur. Bien que le fournisseur «se réserve le droit de changer les tarifs», la légalité d’une action unilatérale en ce sens dans le cadre d’un contrat accepté par les deux parties est remise en question.

Mais plus fondamentalement, les usagers de réseau cellulaire n’ont aucun contrôle sur les SMS entrants. De plus, beaucoup usagers n’ont aucun moyen de bloquer ou refuser ce service pour lequel ils devront désormais payer. Considérant que le nombre de spam reçus est de plus en plus important, les usagers devraient s’inquiéter de ce changement.

Heureusement [sarcasme], les fournisseurs se sont mis d’accord pour rembourser les spams. Encore faudrait-il connaitre le mécanisme de réclamation et remboursement. Et qui fera l’effort pour se faire rembourser quelques cents? Seulement quelques cents...

Pourtant, quelques cents, ça s’accumule vite!
Imaginer la situation suivante. Votre Ex jaloux(se) vous en veut d’avoir une vie. Sa réaction naturelle : vous envoyez 10 SMS par jour pour 1 mois (au moins). 30 jours, 10 SMS par jours 300 SMS. Ce verbeux excès d’affection textuelle vous aura coûté 45 $. Et encore, vous n’avez pas reçu de SMS de personne d’autre ni répondu à aucun de ces messages aussi débiles les uns que les autres.

Alors, si vous êtes client avec Telus ou Bell, soyez prudent. Vous serez bientôt chargé au SMS entrant. Heurement, des voix commencent à s’élever. Un recours collectif est déjà en marche. D’un côté les fournisseurs forçant une rupture de contrat unilatérale. De l’autre, les clients pris au piège avec les nouveaux frais exorbitants et les frais d’annulation de contrat.

Je suis personnellement client avec Telus. Pour combien de temps encore? Dieu seul le sait (et le Diable s’en doute)! Alors, de grâce, pas de SMS.