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Nu·cu·lar ‘nergy: A New Hope

Le sujet de l’énergie nucléaire est, et a toujours été, un sujet chaud. Un gros nuage qui plane au-dessus de cette source d’énergie est la profonde incompréhension qu’on en a de manière générale. Sous le nuage gris et menaçant de l’inconnu, la visibilité est aussi grandement réduite par le brouillard du jeu politique et lobbying.

Le nucléaire possède une très mauvaise cote de popularité et ce n’est rien de surprenant. D’abord, on doit se comprendre que la presque totalité des sources d’énergie que nous utilisons, nous le faisons depuis bien plus longtemps. En fait, l’art d’utiliser l’énergie du vent, du Soleil, de l’eau, de la combustion du charbon, du bois, des hydrocarbures fait partie de nos vies depuis des dizaines de milliers d’années. L’énergie nucléaire, elle, depuis 1942. Doit encore encore se surprendre du peu de compréhension que la population générale a de cette formidable source d’énergie? Les plus grands cerveaux commencent à peine à comprendre cette énergie; les plus grandes équipes d’ingénieurs à peine à la mater. Les débuts de l’énergie nucléaire ayant été marqué par l’avènement de l’arme atomique, il n’en est rien pour aider l’image cette énergie dont l’exploitation comporte sont lot de complications.

La première et non la moindre de ces complications est notre difficulté de la maîtriser, de la contenir. L’atome possède une énergie potentielle si phénoménale que, lorsque libérée, il nous est difficile de ne pas en perdre contrôle. En fait, les méthodes que l’homme maîtrise pour tenter contenir cette énergie ne sont fondamentalement insuffisante et elle-même incapable de résister à de telles énergies. Pour cela, des systèmes complexes de refroidissement et modération ont dû être mis en place, des systèmes fragiles nécessitant un entretien et une surveillance constante. Le deuxième problème est celui de la gestion des déchets.

Notre manière d’exploiter l’énergie de l’atome nous expose à un tout nouveau problème de gestion des déchets. D'abord, nous n’avons jamais eu à gérer des déchets qui sont si dangereux. Ensuite, jamais n’avons-nous eu à gérer des déchets qui restent activement dangereux aussi longtemps... soit seulement quelques dizaines de milliers d’années. Le temps d’aller boire quelques chopes quoi (fort heureusement, on m’en doit jusqu’à la fin de l’éternité)! Une grande quantité de déchets moins dangereux, mais en très grand volume découle aussi de l’exploitation de l’énergie nucléaire. Des choses aussi banales que des combinaisons protectrices usées et des tournevis peuvent rester potentiellement dangereux pour des centaines d’années après voir été exposés aux radiations. Un autre problème important de l’énergie nucléaire, c’est ce qu’on appellerait en aviation le “facteur humain” — j’y reviendrai.

Personnellement, je suis d’avis que les facteurs techniques limitant notre maîtrise de l’énergie nucléaire sont intrinsèquement liés au jeune âge de cette énergie dans notre palmarès du bois de chauffage high-tech; D’où l’importance de pousser activement le développement et la recherche de cette source d’énergie et de son exploitation.

De la fin des années 50, aux débuts des programmes civils de production d’énergie nucléaire, le nombre de réacteurs nucléaires sur la planète à augmenté rapidement jusqu’au milieu des années 80 où ce nombre à plafonné à près de 400 réacteurs. Ce nombre est resté stable depuis, soit depuis plus de 20 ans. Politiquement, deux évènements majeurs ont influencé ce changement. D'abord, l’incident de Three Miles Island (1979) — le “meltdown” d’un des réacteurs de l’installation — a déclenché une série de commissions d’enquête et, éventuellement, été le point de départ d’un moratoire sur la construction de réacteurs civils aux États-Unis. La construction de plus de 50 nouveaux réacteurs a été annulée. Le second événement ayant cloué le cercueil de l’énergie nucléaire est incontestablement la catastrophe de Chernobyl (1986). N’ayant pas été contenu comme ce fut le cas de Three Miles Island, ce second accident a créé une onde de choc dans l’opinion publique internationale et a marqué maintenant plusieurs générations par son impact dévastateur.

Ces deux évènements sont un rappel du danger que représente une quantité d’énergie aussi grande et qui se trouve aux limites de notre compréhension et capacité technologique. De vouloir bannir l’utilisation de cette énergie semble un réflexe prévisible. De la même manière que l’enfant qui se brûle pour la première fois aura peur du rond de poêle. Est-ce une raison pour que cet enfant mange des pizzas pochettes micro-onde pour le reste de sa vie? Peut-être que de prendre le temps d’apprendre à utiliser la poêle sans se brûler semble une solution plus réfléchie — surtout à long terme.

Les infrastructures nucléaires nord-américaines sont dangereusement vieillissantes. Ces systèmes complexes et fragiles reposent sur des technologies des années 50 et sont, on s’en doute bien, de plus en plus fragiles avec l’âge. En ce moment, la majorité des réacteurs actifs aux États-Unis arrivent à la fin de leur cycle de vie. Que faire pour remplacer ces centaines de mégawatts de puissance? Il est clair que plus la durée de vie des ces installations est étirée, plus le risque d’incident augmente... pas besoin d’être très futé pour comprendre ça. Alors est-ce que le moratoire sur le développement de nouvelles installations nucléaire n’a pas plutôt augmenté les risques et dangers?

Heureusement, les États Unis ne sont pas seuls dans le monde du nucléaire. Après le déclin des programmes civils d’énergie nucléaire chez nos voisins du sud, la France, le Japon et le Canada sont restés des pionniers dans la recherche sur la production d’énergie nucléaire à des fins civiles. De nouvelles techniques développées ont permis d’augmenter considérablement les marges de sécurités des installations, d’augmenter l’efficacité des systèmes réduisant ainsi la quantité de combustible requis (et, par la même occasion, de déchets) et même de réduire la demi-vie des déchets nucléaires.

Les incidents de Three Miles Island et Chernobyl sont un rappel que le plus grand danger entourant l’utilisation de l’énergie nucléaire est incontestablement le facteur humain. Et quand les politiciens de basse-cour s’y mettent, ce n’est rien pour aider.

À suivre...