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EXONÉRATION

Quoi de mieux, par un magnifique samedi de février, que de faire un tour de bolide dans les rues étroites du quartier St-Jean-Baptiste. Endroit idéal pour pratiquer des sports automobiles tels que le saut du ravin, le slalom géant, l’extension de la suspension, le lancer du cap de roue et le dérapage de fond.

Quand on me dit qu’il n’y aura pas de travaux routiers à Québec en 2008 à cause du 400e, je suis plutôt inquiet. Que seront les olympiades de la route en 2009 si personne ne prend le temps de couler un peu de bitume dans les gouffres routiers de la ville. Mon lapin a du rebond, mais pour sauter le Grand Canyon Du Vallon c’est des ailes dont il aurait besoin. Ainsi, j’espère qu’il sera — comme toutes les autres routes de la ville d’ailleurs — adéquatement patché histoire de ne pas perdre des plumes en chemin.

Tous ceux qui ont récemment emprunté Charest entre St-Sacrement et Marie de l'Incarnation seront d’accord avec moi. Tous ceux qui ont fait du « tournage en rond dans l’espoir de trouver du stationnement » dans St-Jean-Baptiste seront d’accord avec moi. Tous ceux qui ont failli perdre une roue sur Laurier seront d’accord avec moi. Tous ceux qui ont perdu un garde bout sur le viaduc de St-Jean-Chrisostome au-dessus de la 20 seront d’accord avec moi... nos routes, c’est de pas de la bouette. La raison? Si c’était de la bouette, elles seraient certainement plus praticables qu’elles le sont en ce moment.

Mais pourquoi les choses sont-elles rendues ainsi? Comment un état responsable — soit directement par l’entremise du Ministère des transports du Québec (MTQ) soit indirectement par les municipalités — peut-il laisser aller les choses de cette manière? Comment un état responsable peut-il négliger ses responsabilités au point de mettre en danger non seulement le bien matériel de la population, mais aussi la santé et la vie des citoyens?

Imaginez les conséquences que pourrait avoir la perte d’une roue à 100 km/h sur l’autoroute. Imaginez les conséquences d’une perte de contrôle en tentant d’éviter une crevasse dans un trafic soutenu. Imaginez le piéton qui reçoit votre enjoliveur en pleine face.

La liste des conséquences envisageable à un si mauvais état du réseau routier est aussi longue que l’imagination de chacun. Mais alors, pourquoi laisser le réseau dans un si mauvais état? Pourquoi les gens responsables de l’entretien routier ne font-ils pas leur travail?

La réponse est simple... et elle se trouve dans les tables de loi du Québec.

Loi sur la voirie, Chapitre III (Exonération de responsabilité), article 30, alinéa 1:

Le ministre n'est pas responsable du préjudice causé par l'état de la chaussée aux pneus ou au système de suspension d'un véhicule automobile.

Cet article est souvent mal interprété. Il ne déresponsabilise pas totalement le ministre contrairement à la pensée générale, mais il illustre bien l’attitude de déresponsabilisation avec lequel nous faisons face. Cette attitude de déresponsabilisation s’étend bien en dehors du cadre de la loi québécoise.

Que devons nous faire alors pour s’assurer de l’état de nous routes? Devons prendre en charge l’entretien des routes nous-mêmes? Devons-nous faire comme les cultivateurs de fraises et faire venir des Mexicains cueillir les nids de poules qui poussent sur nos routes? Les chances sont qu'ils feraient du meilleur travail.

Je propose que tout le monde soit responsable de l’entretien du bout d’asphalte adjacent à son terrain... et que la facture soit déduite de notre rapport d’impôt annuel. Ou plus sérieusement que l’entretien des routes soit donné en contrat à des compagnies plus responsables que l’état dans l’exécution de leurs tâches.

En fin de compte, ce que vous devez vous rappeler de tout ça, c’est que l’état n’est en fin de compte pas responsable des bris de pneus ou de suspension. Je vous invite donc, pour tout autre dommage (roue bossée, garde-boue arraché, enjoliveur arraché, ligne d’échappement tordue, etc.), à faire valoir votre droit et porter plainte. N’oubliez pas de laisser votre commentaire sur l’entretien des routes au passage.

Comments

Billet hilarant, mais tellement vrai. Petite précision, il y aura bel et bien des travaux d'entretien normal dans les rues de notre Vieille capitale en 2008, mais aucun chantier majeur. C'est clair que nos amis les nids de poule seront "patchés" avec allégresse et un savant mélange d'asphalte qui ne tient pas. Le tronçon sur Charest après Saint-Sacrement devrait quant à moi être déclaré "zone sinistrée". Si des efforts majeurs ont été déployés ces dernières années pour la réfection des routes (surtout dans la région de Québec sur les grands axes), force est de constater que le retard n'est pas rattrapé...

En effet, mais selon moi, même la réfexion des nids de poule tombe dans la catégorie "chantier majeur" sur certaines routes.

Ben voyons, c'est un coup monté avec la compagnie qui produit les camions "Hummer". Tous les gens devront posséder un tel camion pour rouler maintenant. On ne roulera plus sur les routes à Québec, on "Hummerera sur les trails"! ;o)

Sans mettre de côté la théorie du coup monté, je doute que les grandes tête de GM soient assez grandes pour penser à un coup de la sorte.

Par contre, c'est un moyen tout indiqué pour les syndiqués d'assurer leur emploi. Un travail mal fait assure une réparation fréquente - donc un emploi stable et moins difficile physiquement et intellectuellement. Brillant.

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