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February 20, 2008

Bonne fête Virginie

Et encore une autre année de passée. Un an de plus, un an plus sage? Peu importe, l’important c’est d’avoir profité autant que possible des bonnes choses de cette année passée (et de l’année à venir)! La sagesse ont s’en fou un peu, surtout le jour de notre fête ;)

February 18, 2008

EXONÉRATION

Quoi de mieux, par un magnifique samedi de février, que de faire un tour de bolide dans les rues étroites du quartier St-Jean-Baptiste. Endroit idéal pour pratiquer des sports automobiles tels que le saut du ravin, le slalom géant, l’extension de la suspension, le lancer du cap de roue et le dérapage de fond.

Quand on me dit qu’il n’y aura pas de travaux routiers à Québec en 2008 à cause du 400e, je suis plutôt inquiet. Que seront les olympiades de la route en 2009 si personne ne prend le temps de couler un peu de bitume dans les gouffres routiers de la ville. Mon lapin a du rebond, mais pour sauter le Grand Canyon Du Vallon c’est des ailes dont il aurait besoin. Ainsi, j’espère qu’il sera — comme toutes les autres routes de la ville d’ailleurs — adéquatement patché histoire de ne pas perdre des plumes en chemin.

Tous ceux qui ont récemment emprunté Charest entre St-Sacrement et Marie de l'Incarnation seront d’accord avec moi. Tous ceux qui ont fait du « tournage en rond dans l’espoir de trouver du stationnement » dans St-Jean-Baptiste seront d’accord avec moi. Tous ceux qui ont failli perdre une roue sur Laurier seront d’accord avec moi. Tous ceux qui ont perdu un garde bout sur le viaduc de St-Jean-Chrisostome au-dessus de la 20 seront d’accord avec moi... nos routes, c’est de pas de la bouette. La raison? Si c’était de la bouette, elles seraient certainement plus praticables qu’elles le sont en ce moment.

Mais pourquoi les choses sont-elles rendues ainsi? Comment un état responsable — soit directement par l’entremise du Ministère des transports du Québec (MTQ) soit indirectement par les municipalités — peut-il laisser aller les choses de cette manière? Comment un état responsable peut-il négliger ses responsabilités au point de mettre en danger non seulement le bien matériel de la population, mais aussi la santé et la vie des citoyens?

Imaginez les conséquences que pourrait avoir la perte d’une roue à 100 km/h sur l’autoroute. Imaginez les conséquences d’une perte de contrôle en tentant d’éviter une crevasse dans un trafic soutenu. Imaginez le piéton qui reçoit votre enjoliveur en pleine face.

La liste des conséquences envisageable à un si mauvais état du réseau routier est aussi longue que l’imagination de chacun. Mais alors, pourquoi laisser le réseau dans un si mauvais état? Pourquoi les gens responsables de l’entretien routier ne font-ils pas leur travail?

La réponse est simple... et elle se trouve dans les tables de loi du Québec.

Loi sur la voirie, Chapitre III (Exonération de responsabilité), article 30, alinéa 1:

Le ministre n'est pas responsable du préjudice causé par l'état de la chaussée aux pneus ou au système de suspension d'un véhicule automobile.

Cet article est souvent mal interprété. Il ne déresponsabilise pas totalement le ministre contrairement à la pensée générale, mais il illustre bien l’attitude de déresponsabilisation avec lequel nous faisons face. Cette attitude de déresponsabilisation s’étend bien en dehors du cadre de la loi québécoise.

Que devons nous faire alors pour s’assurer de l’état de nous routes? Devons prendre en charge l’entretien des routes nous-mêmes? Devons-nous faire comme les cultivateurs de fraises et faire venir des Mexicains cueillir les nids de poules qui poussent sur nos routes? Les chances sont qu'ils feraient du meilleur travail.

Je propose que tout le monde soit responsable de l’entretien du bout d’asphalte adjacent à son terrain... et que la facture soit déduite de notre rapport d’impôt annuel. Ou plus sérieusement que l’entretien des routes soit donné en contrat à des compagnies plus responsables que l’état dans l’exécution de leurs tâches.

En fin de compte, ce que vous devez vous rappeler de tout ça, c’est que l’état n’est en fin de compte pas responsable des bris de pneus ou de suspension. Je vous invite donc, pour tout autre dommage (roue bossée, garde-boue arraché, enjoliveur arraché, ligne d’échappement tordue, etc.), à faire valoir votre droit et porter plainte. N’oubliez pas de laisser votre commentaire sur l’entretien des routes au passage.

February 09, 2008

Samedi, le 9 février 2008

Ce soir, il n'y a aucun film en version originale anglaise dans tous les cinémas de la ville, à l'exception de la petite salle du cinéma Cartier.

La presque totalité des salles sont sous l’administration de Cineplex canada. N’oubliez pas de leur faire part de vos commentaires si cela vous fait autant chier que moi.

Nu·cu·lar ‘nergy : The MP Strikes Back

Suite de Nu·cu·lar ‘nergy


Le Canada a toujours été un pionnier en matière de développement de l’énergie nucléaire. Dans le décor depuis le tout début de l’exploration du potentiel nucléaire, des organismes canadiens ont contribué à faire de notre pays un chef de file en matière d’extractions et transformation des matières premières pour la production d’énergie nucléaire, en matière de développement en construction de réacteurs nucléaires moderne et en matière de développement d’applications alternatives des réacteurs.

Les installations de Chalk River, au nord d’Ottawa, ont longtemps été au coeur du développement de l’énergie atomique sur la planète. Le réacteur NRX, inauguré à la fin des années 40, a longtemps été le réacteur nucléaire le plus puissant de la planète avec un potentiel de production de plus de 40 MW dans les années 50. Ce réacteur de recherche a lancé la production de radioisotopes pour la recherche scientifique et médicale. En 1957, le NRU est rentré en production. Le NRU est un réacteur de recherche qui produit la grande majorité des isotopes nucléaires destinés à des fins scientifiques et médicales dans le monde. Des dizaines de millions de patients dépendent annuellement de ces isotopes pour leurs diagnostics et traitements dans quelque 80 pays. La médecine nucléaire mondiale dépend grandement du NRU de Chalk River.

Au mois de novembre 2007, le NRU de Chalk River a été arrêté pour une inspection de routine. Suite à cet arrêt, la Commission canadienne de sûreté nucléaire a ordonné l’arrêt complet des installations jusqu’à ce qu’une mise aux normes majeure des systèmes de sécurité soit faite. Dans les faits, selon la Commission, les chances d’accident entraînant une perte de contrôle du réacteur étaient 1000 fois plus importantes que ce que permettent habituellement les normes internationales en matière de sécurité nucléaire.

Les deux réacteurs de remplacement du NRU, les MAPLE-1 et MAPLE-2 aussi situés sur le site de Chalk River, ne sont toujours pas en opération. Une mauvaise qualité de fabrication d’un des systèmes de sécurité essentielle au fonctionnement des réacteurs fait que, dans certaines circonstances, ces systèmes pourraient ne pas fonctionner adéquatement. De ce fait, la mise en production de ces réacteurs n’a pas encore — et ne sera peut-être jamais — approuvée.

C’est ainsi que du jour au lendemain, la majorité de la production d’isotopes médicale a été arrêtée de force pour une période d’une durée indéterminée.

Un peu moins d’un mois après l’arrêt du réacteur, le monde de la médecine nucléaire n’en pouvait plus de retenir son souffle. Des centaines de rendez-vous pour traitement et pour imagerie nucléaire ont été annulées. Le fait que plus des deux tiers de la production de certains isotopes à courte vie repose entièrement sur le bon fonctionnement du NRU, une installation en fonction depuis 1957 faut-il le rappeler, n’a pas tardé à montrer son ridicule. La panique ainsi lancée dans un monde médical qui repose de plus en plus sur les techniques d’imagerie et de traitement nucléaire, les politiciens n’ont pas tardé à s’en mêler.

Le 11 décembre 2007 (quel beau cadeau pour ma fête — j’aime les surprises, mais pas les surprises comme celle-là), la chambre des communes à Ottawa a voté une loi extraordinaire ordonnant la remise en route du NRU, et ce, contre l’avis explicite de la Commission canadienne de sûreté nucléaire. Après avoir été entériné par le sénat canadien le 12 décembre, le NRU fut remis en route le 16. La loi C-38 ordonnait la remise en route du réacteur avec seulement une mise à niveau partielle des systèmes de sécurité pour une période d’au plus 120 jours.

Depuis, bien en dedans du délai de 120 jours prescrit par la loi C-38, les modifications aux systèmes de sécurité ont été achevées. Mais quelles conclusions pouvons-nous tirer de ces évènements? Que devons-nous comprendre de tout cela? Ce que je vois ici, ce sont les autorités politiques — aucunement des experts en matière de sécurité nucléaire — qui ont utilisées leur pouvoir législatif pour outrepasser une décision de la commission fédérale responsable de la sécurité des installations nucléaires du pays.

J’ai une grande confiance dans les méthodes d’exploitation moderne de l’énergie nucléaire. Mais lorsque les politiciens utilisent leur pouvoir pour outrepasser les normes de sécurité de cette exploitation, je suis inquiet. Très inquiet. Est-ce que l’approvisionnement en radioisotope est une raison suffisante pour opérer un réacteur nucléaire loin en dessous des marges de sécurité acceptables, avec des risques d’accident majeurs 1000 fois supérieurs à la normale? Je ne crois pas. Après tout, les accidents nucléaires, ça n’arrive pas qu’aux autres!

En 1952, le vieux frère du NRU, le NRX, a été victime d’un « meltdown » partiel suite à une erreur de manipulation (tien, voilà encore notre facteur humain) du personnel de contrôle. Dans cet incident étrangement similaire à celui de Three Miles Island en 1979, incident ayant lancé un moratoire sur la construction de nouveau réacteur aux États-Unis, les fuites ont pu fort heureusement être contenues et le coeur du NRX a dû être remplacé. Cet accident, le premier du genre, a contribué énormément à l’élaboration des normes de sécurité rehaussée des installations nucléaires. Il nous a aussi rappelé que nous ne sommes pas à l’abri de ce type danger.

Le rôle de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, une commission indépendante, est de s’assurer que de tels évènements ne puissent se reproduire. Le jour où le gouvernement a légiféré pour outrepasser les décisions en matière de sécurité de la Commission est le jour où cette commission est morte. C’est le jour où la sécurité de toutes les installations nucléaires au pays est passée de « irréprochable » à « questionnable ».

Dans un contexte où la majorité des réacteurs d’Amérique du Nord arrivent à la fin de leur cycle de vie et où une très grande fraction de la production de l’énergie provient du nucléaire, je crois que l’on devrait s’inquiéter de ces récents événements. Si la pression était forte pour maintenir la production de radioisotopes, attendez de voir la pression pour maintenir la production d’électricité. On ne remplace pas quelques centaines de gigawatts de production électrique comme ça du jour au lendemain.

Je me permets de faire une parenthèse pour parler des alternatives. La majorité de la production électrique aux États-Unis provient de la combustion du charbon. L’énergie nucléaire représente environ 20 % de la production avec une puissance installée d’environ 100 gigawatts et une production, en 2006, de l’ordre de 800 milliards de kilowatts-heures (la production électrique totale aux États-Unis est de l’ordre de 4 trillions de kilowatts-heures). En utilisant le charbon comme alternative, ceci représenterait 768 millions de tonnes de dioxyde de carbone de plus dans le bilan d’émission de ce pays déjà très médiocre.

On ne peut pas jouer à la loterie avec la sécurité des installations nucléaire. Nous n’avons pas encore la capacité technologique de prendre des risques quels qu’ils soient avec l’énergie nucléaire. Je considère la décision d’outrepasser les normes de sécurité comme étant le risque le plus élevé dans l’exploitation de l’énergie atomique. Les facteurs humains ont été à la base de la catastrophe de Tchernobyl tout comme pour l’incident de Three Miles Island et, jusqu’à un certain point, du NRX en 1952. De mauvaises décisions en matière de sécurité nucléaire et des décisions d’ignorer des mesures et des protocoles de sécurité ont coûté la vie à bien du monde. Lorsque le NRU a été remis en route, le monde a applaudi l’initiative de la chambre des communes dans ce dossier alors que de pleurer en position foetale sous notre bureau aurait été plus approprié.

Et la folie de cette histoire ne s’est pas arrêtée là! Il va de soit que Linda Keen, alors présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire lors de ces débats n’a pas laisser passer cette décision outrageuse sans mot dire. Selon la commission qu’elle représente, la sécurité des Canadiens et Canadiennes était en danger tant que le NRU restait opérationnel dans la condition qu’il présentait au mois de novembre 2007. Les autorités responsables de l’opération du réacteur n’ayant pas suivi les recommandations préalables de la Commission, celle-ci n’a eu d’autre choix que de retirer temporairement la licence d’exploitation. La Commission a fait ce pour quoi elle a été créée : assurer la sécurité de manière indépendante. Contrairement aux opérateurs de Chalk River Laboratories, la CCSN ne subit pas la pression de la communauté internationale et peut juger sans biais de l’état de sécurité des installations.

Pour cette raison, la CCSN s’est fortement opposée à la loi C-38. Heureusement, l’Administration Harper a toujours un as dans sa manche pour les jeux où il semble convenant de tricher. Linda Keen a été retirée de ses fonctions par le bureau du premier ministre sous prétexte qu’elle a manqué à son devoir de « veiller à la sécurité des Canadiens et des Canadiennes » en n’assurant pas la production d’isotopes médicaux. Je crois que ceci est une autre belle illustration du modus operandi du gouvernement actuellement en place au Canada. Je ne cacherai pas mon inquiétude.

Au Canada, l’énergie nucléaire est principalement sous la direction de compagnies d’état tel que AECL (Atomic Energy Canada Limited), mais beaucoup d’installations ici et ailleurs sont sous la responsabilité de compagnies privées. Ces compagnies sont toutes sujettes à la pression du rendement financier et au risque de vouloir couper les coins ronds. Je crois qu’il serait plus que jamais important que les organismes responsables de surveiller ces compagnies ne soient pas court-circuités, ce peu importe la raison.

L’Administration Harper est d’avis que la CCSN et l’AECL ont pris une mauvaise décision en arrêtant le NRU. Et ils ont raison de dire qu’en continuant d’opérer le NRU, il n’y aurait probablement pas eu d’incident. Mais est-ce là un risque que nous sommes vraiment prêts à courir?

La légitimité de la chambre de communes et de l’Administration Harper n’est pas à remettre en question dans ce dossier. Ils étaient clairement dans leur droit. Deplus, le rôle de la CCSN n’est pas de peser les pour et contre de l’arrêt d’une installation, mais bien de s’assurer que l’installation reste sécuritaire. C’est bien plutôt le rôle du gouvernement de trancher dans les cas où tout n’est pas noir ou blanc. Mais était-ce souhaitable dans ce cas précis? Je crois que de briser l’indépendance entre le gouvernement et la commission est un précédent dangereux. Outre les l’augmentation des risques d’exploitation, cette ingérence permet de mettre en doute la sécurité des installations nucléaires. Bien que je ne crois pas que d’autres décisions de la CCSN ont été outrepassées, le doute reste toujours présent.

Une autre leçon de tout ça est que les installations nucléaires sont vieillissantes. Les pressions politiques et sociales depuis Three Miles Island, accentué par les traités de non-prolifération nucléaire et la catastrophe de Tchernobyl, ont fait que le développement de nouvelles installations nucléaire a stagné. Heureusement, l’avenir semble moins sombre pour cette énergie formidable. De nouveaux projets de réacteurs ont débuté en 2007 aux États-Unis. Au Canada, la recherche pour le développement de nouveaux réacteurs de type CANDU n’a jamais arrêté. L’installation de nouveaux réacteurs à l’étranger a permis de maintenir une expertise active au pays. Depuis peu, les discussions pour construire de nouveaux réacteurs de dernière génération au Canada sont relancées. Peut-être que dans un avenir proche, les réacteurs MAPLE-1 et MAPLE-2 pourront être mis en route pour remplacer le vieillissant NRU. Sinon un nouveau réacteur, mieux construit, devra être mise en place à moyen terme. Mais, suite à l’arrêt récent du NRU, il est clair que pour assurer la production mondiale d’isotopes à des fins médicales quelque chose devra être fait.

Espérons seulement que tout ce qui sera fait à l’avenir le sera sans ingérence de nos clowns élus. Les facteurs de risques humains sont déjà suffisamment élevés sans leur aide.

February 08, 2008

Nu·cu·lar ‘nergy: A New Hope

Le sujet de l’énergie nucléaire est, et a toujours été, un sujet chaud. Un gros nuage qui plane au-dessus de cette source d’énergie est la profonde incompréhension qu’on en a de manière générale. Sous le nuage gris et menaçant de l’inconnu, la visibilité est aussi grandement réduite par le brouillard du jeu politique et lobbying.

Le nucléaire possède une très mauvaise cote de popularité et ce n’est rien de surprenant. D’abord, on doit se comprendre que la presque totalité des sources d’énergie que nous utilisons, nous le faisons depuis bien plus longtemps. En fait, l’art d’utiliser l’énergie du vent, du Soleil, de l’eau, de la combustion du charbon, du bois, des hydrocarbures fait partie de nos vies depuis des dizaines de milliers d’années. L’énergie nucléaire, elle, depuis 1942. Doit encore encore se surprendre du peu de compréhension que la population générale a de cette formidable source d’énergie? Les plus grands cerveaux commencent à peine à comprendre cette énergie; les plus grandes équipes d’ingénieurs à peine à la mater. Les débuts de l’énergie nucléaire ayant été marqué par l’avènement de l’arme atomique, il n’en est rien pour aider l’image cette énergie dont l’exploitation comporte sont lot de complications.

La première et non la moindre de ces complications est notre difficulté de la maîtriser, de la contenir. L’atome possède une énergie potentielle si phénoménale que, lorsque libérée, il nous est difficile de ne pas en perdre contrôle. En fait, les méthodes que l’homme maîtrise pour tenter contenir cette énergie ne sont fondamentalement insuffisante et elle-même incapable de résister à de telles énergies. Pour cela, des systèmes complexes de refroidissement et modération ont dû être mis en place, des systèmes fragiles nécessitant un entretien et une surveillance constante. Le deuxième problème est celui de la gestion des déchets.

Notre manière d’exploiter l’énergie de l’atome nous expose à un tout nouveau problème de gestion des déchets. D'abord, nous n’avons jamais eu à gérer des déchets qui sont si dangereux. Ensuite, jamais n’avons-nous eu à gérer des déchets qui restent activement dangereux aussi longtemps... soit seulement quelques dizaines de milliers d’années. Le temps d’aller boire quelques chopes quoi (fort heureusement, on m’en doit jusqu’à la fin de l’éternité)! Une grande quantité de déchets moins dangereux, mais en très grand volume découle aussi de l’exploitation de l’énergie nucléaire. Des choses aussi banales que des combinaisons protectrices usées et des tournevis peuvent rester potentiellement dangereux pour des centaines d’années après voir été exposés aux radiations. Un autre problème important de l’énergie nucléaire, c’est ce qu’on appellerait en aviation le “facteur humain” — j’y reviendrai.

Personnellement, je suis d’avis que les facteurs techniques limitant notre maîtrise de l’énergie nucléaire sont intrinsèquement liés au jeune âge de cette énergie dans notre palmarès du bois de chauffage high-tech; D’où l’importance de pousser activement le développement et la recherche de cette source d’énergie et de son exploitation.

De la fin des années 50, aux débuts des programmes civils de production d’énergie nucléaire, le nombre de réacteurs nucléaires sur la planète à augmenté rapidement jusqu’au milieu des années 80 où ce nombre à plafonné à près de 400 réacteurs. Ce nombre est resté stable depuis, soit depuis plus de 20 ans. Politiquement, deux évènements majeurs ont influencé ce changement. D'abord, l’incident de Three Miles Island (1979) — le “meltdown” d’un des réacteurs de l’installation — a déclenché une série de commissions d’enquête et, éventuellement, été le point de départ d’un moratoire sur la construction de réacteurs civils aux États-Unis. La construction de plus de 50 nouveaux réacteurs a été annulée. Le second événement ayant cloué le cercueil de l’énergie nucléaire est incontestablement la catastrophe de Chernobyl (1986). N’ayant pas été contenu comme ce fut le cas de Three Miles Island, ce second accident a créé une onde de choc dans l’opinion publique internationale et a marqué maintenant plusieurs générations par son impact dévastateur.

Ces deux évènements sont un rappel du danger que représente une quantité d’énergie aussi grande et qui se trouve aux limites de notre compréhension et capacité technologique. De vouloir bannir l’utilisation de cette énergie semble un réflexe prévisible. De la même manière que l’enfant qui se brûle pour la première fois aura peur du rond de poêle. Est-ce une raison pour que cet enfant mange des pizzas pochettes micro-onde pour le reste de sa vie? Peut-être que de prendre le temps d’apprendre à utiliser la poêle sans se brûler semble une solution plus réfléchie — surtout à long terme.

Les infrastructures nucléaires nord-américaines sont dangereusement vieillissantes. Ces systèmes complexes et fragiles reposent sur des technologies des années 50 et sont, on s’en doute bien, de plus en plus fragiles avec l’âge. En ce moment, la majorité des réacteurs actifs aux États-Unis arrivent à la fin de leur cycle de vie. Que faire pour remplacer ces centaines de mégawatts de puissance? Il est clair que plus la durée de vie des ces installations est étirée, plus le risque d’incident augmente... pas besoin d’être très futé pour comprendre ça. Alors est-ce que le moratoire sur le développement de nouvelles installations nucléaire n’a pas plutôt augmenté les risques et dangers?

Heureusement, les États Unis ne sont pas seuls dans le monde du nucléaire. Après le déclin des programmes civils d’énergie nucléaire chez nos voisins du sud, la France, le Japon et le Canada sont restés des pionniers dans la recherche sur la production d’énergie nucléaire à des fins civiles. De nouvelles techniques développées ont permis d’augmenter considérablement les marges de sécurités des installations, d’augmenter l’efficacité des systèmes réduisant ainsi la quantité de combustible requis (et, par la même occasion, de déchets) et même de réduire la demi-vie des déchets nucléaires.

Les incidents de Three Miles Island et Chernobyl sont un rappel que le plus grand danger entourant l’utilisation de l’énergie nucléaire est incontestablement le facteur humain. Et quand les politiciens de basse-cour s’y mettent, ce n’est rien pour aider.

À suivre...

February 07, 2008

Bonne fête (bis)

Un peu en retard officiellement sur ce blog, mais les avis ont bien été lancé en bon temps et lieu la fin de semaine passée... bonne fête à Fançois et Nicolas (dit, doc Gagnon).

Tout comme la moitié du monde de l’univers connu, vous avez décidé de venir au monde entre la mi-janvier et la mi-février. C’est à croire qu’il n’y a pas que les petits lapins qui son fou fou fou en avril...