Cinoche
N’ayant plus la possibilité (du moins officiellement) de voir des films en version originale anglaise dans la magnifique Capitale Nationale (aka. Le Gros Village) depuis la fermeture du Star Cité, ma présence entre les grands écrans et les projecteurs de la ville se fait de plus en plus rare.
Il m’arrive tout de même parfois de me laisser tenter; cette semaine à deux reprises même!
D’abord, j’ai eu le plaisir (le choix du terme est discutable) d’aller voir Cloverfield. Pour ce film que j’ai eu la chance — attention, roulement de tambours — de voir en anglais, je propose que l’administration du cinéma remplace les sacs de pop-corn par des sacs de Gravols.
Filmé «à-la-blairwitch», l’exagération des mouvements de caméra est totalement risible. Je suis convaincu que même dans les mains de la petite Noémie, l’image serait plus stable. Sincèrement, je crois que l’idée du film « amateur » — parce que le film se présente en fait comme une archive d’un film amateur retrouvé sur les lieux d’un incident - aurait été tout aussi plausible sans ces effets de mouvement un peu trop exagérés.
N’ayant normalement pas le coeur sensible à ce genre de chose, ça m’a cette fois tout pris pour ne pas me lever aux deux tiers du film pour sortir à cause du mal de coeur induit par ce très désagréable jeu de caméra.
Ce film avait pourtant un très bon de potentiel. Le tout gâché par un jeu de caméra douteux et quelques actes tirant entre le risible et l’exagération digne d’un dessin animé de Bugs Bunny. La prochaine fois qu’il vous viendra l’envie de sauter d’un gratte-ciel sur le toit d’un autre gratte-ciel en train de s’effondrer, vous penserez à Cloverfield et vous vous direz « Oui! C’est possible! » Ou comme Homer le dirait si bien : « TV said that? »!
Enfin, le film vaut vraiment la peine d’être vu. Mais attendez de le voir sur petit écran... vous aurez moins mal au coeur et, au moins, la possibilité de faire pause si le coeur vous en dit (ou vous le dit...).
Le second film que je suis allé voir offre 100 % de ce qu’il avait promis avec la totale satisfaction du public. C’est en une ambiance bon enfant et de festival Science et Génis que je suis aller voir « Rambo » avec Franco hier soir. En ce premier soir de sortie, la salle s’était complètement remplie pour vénérer le dieu du couteau de combat et des méchants qui explosent.
Dans ce 4e film de la série Rambo, John Rambo fait ce qu’il fait de mieux : tuer des méchants. En fait, je crois que comme synopsis on aurait pu lire : « Film où Rambo tue des méchants, le tout enrobé d’une histoire-prétexte sans grande importance ». Et pour ça, le public est bien servi... Dans « Rambo », un grand total de 236 méchants sont tués pour un compte de 2.59 morts par minute. John devait vraiment être en colère puisqu’il s’agit là d’un compte plus gros que la somme de ce qu’il a fait dans « First Blood » (1982), « Rambo: First Blood Part II » (1985) et « Rambo III » (1988). En comparaison, The Governator (aka John Matrix) n’a qu’un misérable compte de 99 dans « Commando » (1985) et John McClane ne joue même pas dans la même ligue dans la quadrilogie « Die Hard ». Peut-être que ce dernier ne mérite même pas le prénom fétiche de « John »...
Outre le nombre ahurissant de morts, le nombre de façons originales de se faire tuer est tout aussi imposant. En fait, j’ai encore de la misère à comprendre pourquoi ce film totalement gore n’est pas classifié 18 ans en plus. Il y a dix ans, ce film n’aurait même pas pu prendre l’écran — il aurait simplement été banni. Mais bon, je ne me plains pas de la violence gratuite de ce film... c’est bien la seule chose qu’il offre et pour quoi quelqu’un irait voir ce film.
C’est ainsi qu’on se retrouve dans une salle bondée avec du monde qui rient et applaudissent à chaque scène plus gore que la précédente où Jonny fait exploser son prochain.
Un film à avoir pour rire et s’amuser dans une ambiance décontractée à la hauteur de Fantasia ou du Box Office du Festival Science et Génie. Laissez votre blonde à la maison ou au vestiaire; votre coupe vivra plus longtemps. Rambo au cinoche, c’est un peu le pendant gore du bar de danseuses. Idéal pour une gang de gars qui n’a rien de plus intelligent à faire de sa soirée.