La saison des grandes idées
Cette saison est vraiment la saison des grandes idées... et je ne parle pas de la présente saison de Loft Story qui se serait soudainement rendu compte de son ridicule (il ne faut tout de même pas rêver en couleur).
La saison des grandes idées est la saison 2007-2008 de l’Orchestre Symphonique de Québec. Comme plat principal au menu des grandes idées : Un concert au Colisée Pepsi. C’est ainsi qu’en l’honneur du Ô tout puissant 400e, l’OSQ « interprétera » la symphonie des milles de Mahler. Compte tenu de la salle, interpréter est un mot un peu fort. On parle quand même de la salle où Trent Reznor (Nine Inch Nails) n’a pas réussi à faire un concert qui ne sonne pas le cul. On parle quand même d’un des grands génies modernes de la sonorisation... et de musique industrielle où distorsion, compression et dilation sonore sont très présentes au menu. Personnellement, je crois bien que ce concert de l’OSQ au Colisée Pepsi affectera la rotation de la Terre tellement Mahler va se retourner dans sa tombe. En suivra une série de cataclysmes incroyables à faire rougir de jalousie « The Day After Tomorrow » et « The Core ».
Dans la série des grandes idées, le concert de cette semaine (faisant aussi parti de la série des grands concerts) a aussi réussi à épater la galerie — ce presque autant que le très talentueux et généreux soliste. Un jeune violoniste belge a complètement envouté la salle avec son talent. D'ailleurs, il ne semble pas se cacher du fait qu’il en est bien conscient. Alors, imaginez vous donc que quelqu’un a eu la brillante idée de schéduler un show de « La volée de Castors » dans la salle Octave Crémazie (au sous-sol du Grand Théatre de Québec) le même soir que le concert de l’OSQ.
Vous savez, Ravel, Chausson et Chostakovitch avec un arrière-plan de rigodon à la saveur pop-Québécoise, ça ne va pas du tout. Outre les vibrations du plancher, parfois la basse étaient tellement forte que, et je cite le critique du journal Le Soleil d’aujourd’hui, «on aurait cru que quelqu’un jouait de la basse en coulisse». Sans surprise, à l’entracte une charmante discussion de file de machine à café a confirmé qu’on entendait l’arrière-plan parasitaire même aux balcons.
En en glissant un mot à la gérante des salles du Grand Théatre, la réponse fut « C’est pas vraiment approprié, hein? »; ce à quoi je me suis gardé de tout commentaire. Tel un vent de sagesse, l’absurdité de la chose venait, semble-t-il de la frapper.
Bien sûr, l’OSQ et le Grand Théatre de Québec pourraient facilement se racheter en se procurant une machine à espresso qui as du bon sens (e.g. capable de produire plus que 4 espressos et demi durant l’entracte) et s’il la plaçait ailleurs qu’à la porte des chiottes.