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December 21, 2007

La saison des grandes idées

Cette saison est vraiment la saison des grandes idées... et je ne parle pas de la présente saison de Loft Story qui se serait soudainement rendu compte de son ridicule (il ne faut tout de même pas rêver en couleur).

La saison des grandes idées est la saison 2007-2008 de l’Orchestre Symphonique de Québec. Comme plat principal au menu des grandes idées : Un concert au Colisée Pepsi. C’est ainsi qu’en l’honneur du Ô tout puissant 400e, l’OSQ « interprétera » la symphonie des milles de Mahler. Compte tenu de la salle, interpréter est un mot un peu fort. On parle quand même de la salle où Trent Reznor (Nine Inch Nails) n’a pas réussi à faire un concert qui ne sonne pas le cul. On parle quand même d’un des grands génies modernes de la sonorisation... et de musique industrielle où distorsion, compression et dilation sonore sont très présentes au menu. Personnellement, je crois bien que ce concert de l’OSQ au Colisée Pepsi affectera la rotation de la Terre tellement Mahler va se retourner dans sa tombe. En suivra une série de cataclysmes incroyables à faire rougir de jalousie « The Day After Tomorrow » et « The Core ».

Dans la série des grandes idées, le concert de cette semaine (faisant aussi parti de la série des grands concerts) a aussi réussi à épater la galerie — ce presque autant que le très talentueux et généreux soliste. Un jeune violoniste belge a complètement envouté la salle avec son talent. D'ailleurs, il ne semble pas se cacher du fait qu’il en est bien conscient. Alors, imaginez vous donc que quelqu’un a eu la brillante idée de schéduler un show de « La volée de Castors » dans la salle Octave Crémazie (au sous-sol du Grand Théatre de Québec) le même soir que le concert de l’OSQ.

Vous savez, Ravel, Chausson et Chostakovitch avec un arrière-plan de rigodon à la saveur pop-Québécoise, ça ne va pas du tout. Outre les vibrations du plancher, parfois la basse étaient tellement forte que, et je cite le critique du journal Le Soleil d’aujourd’hui, «on aurait cru que quelqu’un jouait de la basse en coulisse». Sans surprise, à l’entracte une charmante discussion de file de machine à café a confirmé qu’on entendait l’arrière-plan parasitaire même aux balcons.

En en glissant un mot à la gérante des salles du Grand Théatre, la réponse fut « C’est pas vraiment approprié, hein? »; ce à quoi je me suis gardé de tout commentaire. Tel un vent de sagesse, l’absurdité de la chose venait, semble-t-il de la frapper.

Bien sûr, l’OSQ et le Grand Théatre de Québec pourraient facilement se racheter en se procurant une machine à espresso qui as du bon sens (e.g. capable de produire plus que 4 espressos et demi durant l’entracte) et s’il la plaçait ailleurs qu’à la porte des chiottes.

December 07, 2007

Ça roule!

Eh oui, c’est reparti... on reparle encore du fameux projet de loi sur la sécurité automobile. Voilà enfin un projet de loi avec beaucoup de bonnes idées... mais beaucoup d’idées mal utilisées et, à la rigueur, de mauvaises idées.

D’abord, il est clair que certains aspects du problème de sécurité routière n’ont pas été bien compris par notre classe politicienne (je n’oserais pas l’appeler la classe dirigeante). Par exemple, j’approuve en tout point la démarche des mères de famille qui se plaignent de la vitesse excessive des automobilistes dans les rues résidentielles. Effectivement, c’est un problème : de Beauport à Saint-Augustin, en passant par Sillery et Vanier, des gros épais ne se gênent pas pour rouler à 80 km/h dans des zones résidentielles où les enfants jouent dans la rue et sur les terrains autour. Avec leur civic à terrer et leur résonateur à faire pleurer baby-jesus, ils empestent nos petites rues de quartier.

Or, si cette plainte est bien fondée, la solution proposée l’est moins. Cette solution est tellement logique pourtant : si les gens trouvent que ça roule trop vite dans les rues résidentielles, et bien on va réduire la limite de vitesse à 40 km/h.

Oh la. La limite est présentement à 50 km/h presque partout (sinon à 30 km/h) et les gens roulent quand même à 80 km/h. Que croyez-vous qu’il va se passer lors que la limite de vitesse va être changée?

C’est vraiment le comble du ridicule de vouloir régler un problème en imposant des nouvelles limites plus restrictives, sachant fort bien que les limites actuelles ne sont aucunement contrôlées.

De plus, d’imposer une limite trop restrictive (comprendre : chiante) fait en sorte que les gens vont naturellement vouloir dépasser cette limite. Une fois dépassé, tant qu’à la dépasser, aussi bien la dépasser pour de vrai!

Une limite irréaliste comme celle-là a aussi un autre effet pervers : de plus en plus les gens se mettent à ignorer ces limites et elles perdent leur crédibilité. Un bon exemple est la limite ridicule de 100 km/h sur les autoroutes du Québec, une limite qui n’a plus aucune crédibilité. Même la police ne la fait pas respecter, en tolérant un écart souvent de 30%!

Lorsque des lois vont à l’encontre de la réalité d’aujourd’hui, elles perdent leur crédibilité. Et ça, c’est encore bien pire que de ne pas avoir de lois du tout. Ce projet de loi est truffé de problèmes de la sorte. C’est de la foutaise. Heureusement, il apporte beaucoup de points positifs telles les photos radars (oui, même moi j’y crois) et les caméras de feux rouges.

Les radars photographiques, toutefois, j’y crois, mais en sachant très bien qu’ils ne seront pas bien utilisés. Ils ne seront pas placés sur des routes dangereuses. Ils ne seront pas placés dans les rues résidentielles où des gros épais roulent à 80. Ils ne seront pas placés dans les zones scolaires. On va les retrouver partout où les limites de vitesse ridicules ont perdu leurs crédibilités, histoire de fournir une nouvelle vache à lait à l’état.

Et parlant de route dangereuse, pour moi ce projet de loi n’est que de la poudre aux yeux s’il ne s’attaque pas directement au normes de construction désuètes des routes du Québec et force une planification de mise à niveau du système routier. Trop de routes et autoroutes sont dangereuses par design.

Il est temps que l’état fasse ses devoirs pour de vrai dans ce dossier et qu’il redonne la responsabilité de la sécurité à ceux qui devraient l’être. Ne trouvez-vous pas aberrant qu’une municipalité ne puisse pas être tenue responsable pour SA négligence dans l’entretien des routes?

Malheureusement, le gros bon sens ne tombe pas à coup de 45 cm par ici.