Sale attente
Nous revoici, encore une fois et pour une seconde fois cette semaine, dans une salle d’attente. Grâce à Dieu, Ô Seigneur tout puissant soyez loué, la télévision est fermée – Téééé Véééé Ahhhh ne m’écorche pas les oreilles en arrière plan.
Me voici donc en mode « attente », histoire d’avoir la chance de rencontrer un professionnel de la santé. Le choix qui me fut proposé fut relativement simple : attendre quelques heures sans rendez-vous ou prendre un rendez-vous à la fin octobre. Oui; vous avez bien lu. Fin octobre.
Ah! Mais vous me direz, c’est normal pour rencontrer un spécialiste. C’est même pas pire pentoute. J’aimerais bien être d’accord là-dessus, mais on parle plutôt d’un rendez-vous avec mon médecin de famille. Charmant, n’est-ce pas.
Quatres mois d’attente pour avoir un rendez-vous avec on médecin, c’est vraiment sale. Quatres mois! Numérobis avait trois mois pour construire son palais... selon moi quelqu’un est dû pour être jeté aux crocodiles. Qu’est-ce que ce sera si je dois consulter un spécialiste ensuite? Une autre année d’attente? Puis 48 mois pour un traitement? Une chance que je ne suis pas malade; j’aurais le temps de canner trois fois!
Fort heureusement, j’ai un bon médecin de famille. Après lui avoir laissé un message, il m’a donné ses périodes de sans rendez-vous et m’a invité à venir le rencontrer lors de ces périodes. Parce qu’on s’entend que de rencontrer un médecin différent à chaque fois, c’est pas fort fort pour avoir un bon suivi de son dossier de santé (c’est mon avis, ça reste discutable, mais bon). Et c’est ainsi que j’ai troqué quatre mois d’attente pour quatre heures d’attente (ou moins, on l’espère).
Dans ce contexte, je me pose la question en me faisant un peu l’avocat du diable par la même occasion (j’ai du temps à tuer anyway) : Est-il raisonnable de garder le système de rendez-vous dans ces conditions? Ne serait-il pas plus simple pour le système de santé de fonctionner uniquement par sans rendez-vous. Le système n’en sera que plus simple, moins coûteux et plus facile à gérer autant pour les administrations, les médecins et les patients?
Dans un contexte où un rendez-vous avec son médecin de famille peut-être garanti en deux semaines – et où tout le monde à la chance d’avoir un médecin de famille – un système de rendez-vous à bien sûr sa place. Mais sinon? Imaginer combien de millions de dollars seraient sauvés dans le système de santé en éliminant les systèmes de rendez-vous pour les médecins généralistes et les médecins de familles.
Le monde ne serait-il pas merveilleux? Ce serait tellement beau que les oiseaux tourneraient en rond autour des hôpitaux en chantant.
Mais en revenant sur terre un peu, je vais faire mon bon ingnégnieur et me poser les bonnes questions. On devrait arrêter de chercher des solutions à gauche et à droite et se demande où est le problème. Ou plutôt même où sont LES problèmeS. Manque t’il de médecins? Si oui, pourquoi? Manque t’il de place dans les cliniques pour les accueillir? Manque t’il de place dans les universités? Est-ce que les médecins quittent la pratique générale pour devenir spécialiste? Pourquoi? Bref, il y a beaucoup de question à se poser pour comprendre pourquoi la situation est ainsi. Ce n’est qu’une fois que ce sera bien compris qu’on pourra commencer à penser à des solutions. Trouver des solutions broches à foin sur le tas comme le font si bien nos bons politiciens ne fera rien pour les vrais problèmes.
Je termine en remerciant les médecins, ceux qui exercent leur profession avec passion comme le Docteur Alain Beaumier. Ceux qui ont à cœur le bien-être de leurs patients, mais qui sont, tout comme nous, pris dans les dédales administratifs de ce système. Je les remercie pour leurs initiatives pour leurs efforts à donner un bon service malgré tout.