À la découverte des régions
Ne faisons pas l'autruche, je ne crois pas me tromper beaucoup en disant que très peu de gens "de la ville" prennent le temps visiter les différentes régions du notre belle province. Combien de gens n'ont vu que, de l'autre côté du bout de leur nez, Québec et Montréal (ou, accessoirement, les bucoliques paysages sur le bord de la 20).
C'est pourtant toujours agréable de découvrir de nouvelles villes, peu importe leur taille, et de nouvelles personnes. C'est ainsi que j'ai eu la chance de visiter tous les recoins d'Alma, au Lac St-Jean, en tentant de trouver un appartement classe pour Virginie (parce qu'à Alma, comme ailleurs, les appartements qu'on trouve ne sont pas tous classe)...
Première observation: Alma n'est vraiment pas la plus belle ville qu'il soit. C'est malheureusement le cas de beaucoup de ville en région au Québec. Sans trop savoir l'expliquer, il y a beaucoup de petites villes du Québec que je ne trouve pas particulièrement belle. Mon oeil critique pour l'architecture et l'esthétique n'aidant pas, je suis aussi souvent sous l'impression que ça pourrait être tellement mieux avec si peu d'effort. Alma est un exemple typique de ville de région avec un vieux centre "dirty-white-clapboard-style" et une périphérie plus récente "south-montreal-banlieue-style".
Par contre, l'accueil des gens n'en est certainement pas moins autant plaisant que surprenant pour un habituer des faces plattes de la grande ville. Alma est la "Ville de l'hospitalité" après tout (oui c'est effectivement le slogan officiel de la ville). Un autre exemple comme quoi l'habit de fait pas le moine! Peut importe où on va à Alma, peut importe le lieu ou le commerce, on se sent chez soi avec des gens toujours prêts à vous aider, peut importe ce dont vous avez de besoin. Les commerçants sont toujours heureux de votre présence et faire affaire avec vous. Je crois que, eux, ils ont compris quelque chose qui échappe à plusieurs commerçant de Québec et de Montréal.
Donc, a priori, l'architecture de la ville laisse un peu à désirer, lui conférant peu de cachet et de charme. Du calme! Ce n'est pas vrai en totalité.
Parfois, dans les petites villes de région, on retrouve des cartiers qui étaient, à l'origine, des villes d'entreprise construite pour loger les ouvriers et cadres des usines. C'est le cas du cartier Riverbend, cartier où la ville, plutôt grise et morne, se transforme alors en un dégât de couleur et de fraîcheur architecturale rappelant souvent le style anglais du début du 20ième siècle, époque où la colonie anglaise était à l'apogée de sa puissance et où la ville de Québec était une des villes les plus importantes de l'Amérique du Nord.
Ici, le bois teint remplace le vinyle, la couleur le blanc douteux et les arbres remplacent élégamment l'absence d'arbre; Le tout saupoudré de parcs et avec un trait de piste cyclable donne lieu à un cartier charmant rappelant un peu les petits cartiers tranquilles de Sillery.
Dans ce cartier, en plus des petits bungalows de style anglais, on retrouve des maisons de chambres qui étaient, à l'origine, destiné aux cadres célibataire de l'usine Price (maintenant Abitibi-Consolidated). Le King Edwards board house, construit à la fin du 19ième siècle, fut rénové en 1927 pour remplacer les 34 chambres en 14 appartements pour les familles en attente de recevoir une maison. Un coup de coeur assuré pour ceux qui savent se laisser charmer par le cachet de ces vieux immeubles qui, contrairement aux constructions plus récentes, ont un petit quelque chose de particulier.
Le centre ville ne nous laisse pas sans ses coups de coeur non plus! Il y a bien sûr le Crapaud, le bar de la place où, s'il était un peu plus près, on m'y retrouverait souvent. Autre endroit où on me retrouverait encore plus souvent, le café de la place. Un petit café avec divans et de la bonne musique, un service accueillant et sympathique, des déjeuners hors de ce monde... et, of course, du bon café! Voilà, on revient aux essentiels de la vie.