Vendeurs de balayeuses...
Le monde du commerce au détail est un monde où on en voit de toutes les couleurs. Toutes, oui, mais on voit surtout rouge quand on a à faire face à ce monde.
Le problème n’est pas tant avec les besoins du quotidiens, voire même avec les besoins usuels. Quand on va dans un magasin pour acheter de la nourriture, du linge, du savon a lessive, on ne s’attend aucunement d’avoir du service. Pire, quand on en a, il est soit totalement inutile soit plus dérangeant qu’autrement. Le traditionnel « est-ce que je peux vous aider » est d’une platitude sans égal. Similairement, quand on se déplace dans un commerce à la recherche de quelque chose d’usuel comme des disques compacts, des revues, des électroménagers, la seule attente que quiconque a est de recevoir un service exécrable ou qui se situe carrément entre l’incompétence et la désinvolture, parsemé d’insouciance et d’indiscrétion chronique. Rassurons-nous, c’est la même histoire un peu partout dans le monde.
Par contre, il vient un temps où on souhaite se procurer quelque chose de particulier, quelque chose hors du commun, quelque chose de plus dispendieux. Vient alors à la rescousse : le magasin spécialisé. Oh là là! La belle affaire…
Quelque chose de particulier pourrait être, par exemple, un équipement de photographie professionnel et de haute précision dit « Le Flash ». Magasinant un flash de gamme professionnel, quoi de mieux que de se présenter dans un magasin spécialisé en photographie qui vend, justement, du matériel professionnel (Oui, parce que le Futureshop, on oublie!).
Premier arrêt : Studio Gosselin. N’est plus dépositaire de Nikon depuis deux ans. Quelle idée. Dans un monde où Nikon et Canon sont côte à côte dans le marché du semi-pro, c’est un peu ridicule de ne pas tenir de Nikon, nonobstant les histoires de garanties qu’ils ont pu avoir avec Nikon. Supposément qu’ils ont eu des merdes, mais, honnêtement, j’ai toujours trouvé le service de Nikon impeccable. Bref… on va ailleurs.
Deuxième arrêt : Zone 5 photo. Bon, au moins Gosselin avait l’excuse de ne pas être dépositaire Nikon… pourtant, les vendeurs de la place, très sympa, semblait beaucoup plus serviable que la dame chez Zone 5 photo. Pour ce qui est de la compétence, je ne veux insulter personne ce soir alors on va passer. Par exemple, lorsqu’un client vous demande la différence entre un produit de 200$ et 500$, il s’en fou de savoir que l’un est un peu plus gros et a des fonctionnalités de plus… une description plus précise de la justification de la différence de prix est normalement bien apprécié. Le fait de n’avoir jamais su si le flash convoité est compatible avec mes deux caméras m’a aussi laissé un peu perplexe. La réponse « je crois qu’il faut regarder la description de l’appareil pour savoir vraiment » a failli engendrer la remarque « et vous êtes payé pour faire quoi ici au juste? », mais je me suis contenté de quitter sans autre commentaire ou question.
Troisième arrêt (intermède) : Futureshop. Visiblement, il y a autant de matériel photographique professionnel là que de vendeur agréable et utile. La grosse télévision plasma LG de 60 milliards de pouces est ahurissante. C’est à rendre Time Square jaloux! La marche de Place de la cité au bout de Place laurier est toujours aussi divertissante… Je dois d’ailleurs féliciter la personne qui a conçu la nouvelle disposition des escaliers roulants et escaliers à l’entrée est de Place Laurier (donnant Jean de Quin ). Mes hommages monsieur. La porte à droite et l’escalier pour monter à gauche… Je n’aurais jamais imaginé qu’il fut possible de concevoir une entrée pour engendrer autant de collisions et de confusion. Mes hommages.
Quatrième arrêt : Centre Japonais de la photos. Oui, parce que Nikon étant japonais, on s’attend que le Centre Japonais de la photo en vende. Et oui… malheureusement. Alors nous voici donc dans un commerce où on se poste devant un vendeur durant plus d’une minute… en le regardant… sans qu’il ne se rende compte que vous êtes là. Il n’en fallu pas plus pour que l’autre vendeur, débordé (et on comprend pourquoi), annonce notre présence : « vous pouvez demander à Roger [nom fictif, je veux pas de poursuite], il connaît son affaire, lui aussi! ». Oh! Il la connaît, et comment en plus de ça! Demain, je vais aller porter mon CV au BodyShop… je crois que je m’y connais autant en petites crèmes pour la peau qui puent, autant que Roger en photographie.
Ainsi donc, l’autre vendeur, celui qui m’avait si agréablement introduit à mon nouvel ami, a prit la peine d’indiquer à Roger quels produits seraient en mesure de me satisfaire. « On a le SB-22 et le SB-600… … … là en haut… …à droite… …non l’autre… …la boîte dorée… …oui celle-là… …oui l’autre aussi… …oui la dorée… … ». Je vous jure, dans mes yeux, le reflet du client en confiance aurait ébloui à mort une armée d’aveugles. Et ainsi débute la période de question. L’autre vendeur, appelons le « l’hôte », en répondant à toutes mes questions, n’avait plus rien a dire pour prouver la compétence de mon ami Roger, compétence qu’il avait tant venté dans son message d’accueil.
Malheureusement, Roger c’est entêté à répondre à une question malgré tout. Réponse de laquelle j’ai appris que si « j’avais les pins » sur ma caméra, c’est que le flash était compatible avec. Mon Dieu; Si j’avais su que c’était si simple. Alors en rentrant la maison, j’ai essayé de regarder du vidéo sur mes haut-parleur d’ordi et de regarder le canal gauche du lecteur CD sur la TV… ce sont les mêmes connecteurs après tout, alors ça devrait marcher! Et non.
Bien, c’est un peu la même chose pour les Flashs et les caméras. Vous savez, un flash ce n’est pas qu’un simple ampoule qui bust quand vous prenez une photo. C’est, de nos jours (peut être pas de ceux de Roger), un appareil électronique complexe qui communique continuellement avec l’appareil photo pour aller chercher l’illumination optimale. Et bien, outre la question de connecteurs, la question à savoir si l’appareil et le flash parlent la même langue et son capable de communiquer sans que ça fasse un soap à chaque séance de photos reste important aux yeux du client qui envisage de dépenser des centaines de dollars sur on produit qu’on lui présente.
I rest my case.
[ndlr.: pour ceux qui avaient un doute dans leur esprit, jamais je n'ai eu l'intension d'acheter le dit flash chez ces commerçant, sachant très bien à quoi je m'exposait côté service et prix. Avec un prix entre 50 et 80% au dessus du prix de vente en ligne, ils ne risquent pas de faire des affaires avec moi... mais il serait quand même bête de ne pas leur rendre visite pour s'en assurer.]